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Interview Céline Sainte-Charle #2

Céline Saint-Charle ayant déjà répondu à une « interview classique », elle va se prêter au jeu du portrait chinois. Merci à elle.

 

Si tu étais un style ou un genre littéraire ?

Sans hésiter, le thriller, au sens large. Les auteurs de thriller aujourd’hui savent englober dans leurs romans tout le spectre des émotions humaines, et, d’une certaine façon, tous les autres genres. Le thriller, c’est le « all inclusive » de la littérature. Certains vont faire la moue, considérant encore le genre comme de la fameuse littérature de gare tant décriée. Franchement, ce snobisme-là m’agace, pourquoi bouder son plaisir ? Quand je vois la qualité littéraire de certains thrillers, et que je compare avec certains best-sellers qui se contentent d’aligner sujet-verbe-complément, je rigole !

 

Si tu étais un art ?

La procrastination, bien sûr. Comment ça, ce n’est pas un art ? Pas encore reconnu certes, mais un art assurément, nécessitant talent, rigueur et une grande adaptabilité !

 

Si tu étais un livre ?

Le monde selon Garp de John Irving. Lu et relu maintes fois depuis mes 13 ans, et je découvre un roman différent à chaque lecture, avec des degrés de compréhension qui varient avec mon âge. Ce n’est pas forcément celui que je préfère d’Irving, mais c’est celui qui m’a ouverte à l’idée d’une littérature autre que celle que j’avais connue jusqu’alors. Passer d’Alice détective à Irving, c’est forcément un choc.

 

Si tu étais une émotion ?

Même si ce n’est pas une émotion au sens strict, je choisis l’empathie. J’ai la sale habitude de toujours me mettre à la place des autres, d’imaginer leurs ressentis, leurs douleurs, leurs problèmes, etc. C’est assez envahissant dans la vie quotidienne, et cela peut me jouer des mauvais tours. Mais c’est un vrai plus dans l’écriture, dans la création de mes personnages et la construction du relationnel entre eux.

 

Si tu étais un animal ?

Un chat. Je n’ai jamais vécu sans chats, et je n’imagine pas pouvoir le faire. Actuellement, j’en ai quatre (ainsi que deux chiens et trois lapins). Le moyen le plus sûr de me tuer rapidement serait de me priver d’animaux (pourvu qu’aucune personne mal intentionnée ne lise cette phrase).

 

Si tu étais un végétal ?

Une mauvaise herbe, qui se débrouille toute seule, sans rien demander à personne, qui ne nécessite ni soins ni intérêt, qui croît en silence dans un coin. Et qui peut, parfois, donner naissance à de très jolies fleurs.

 

Si tu étais un sens ?

Un sens interdit, un contresens, un sens unique. Les plus belles expériences ont toujours lieu en sens inverse, rarement en caressant dans le sens du poil, ça tombe sous le sens.

 

Merci Céline. Nous allons finir par quelques questions concernant tes écrits découverts dans ce numéro :

Tu as été sélectionnée pour ce quatrième numéro avec ta nouvelle Un minimum d’humanité, peux-tu expliquer sa genèse ?

L’image d’Herbert, le personnage principal, s’est un jour imposée à moi. Qui pouvait-il bien être ? Que faisait-il de sa vie ? Il faut dire ce qui est, je ne l’ai pas trouvé très sympathique (je pense même que je le déteste). L’histoire s’est construite ensuite autour de lui, avec une mentalité et des actes correspondant à ce qu’il est.

Céline Saint-Charle - Un minimum d'humanité

 

Tu nous présentes ton roman Comme un moineau, peux-tu nous raconter ce qui t’a inspirée ?

Je suis née et j’ai grandi en Seine-Saint-Denis. J’ai fui il y a quinze ans pour l’Auvergne. Je reste en colère contre ce que la banlieue fait aux âmes, cet écrasement systématique des espoirs et des rêves. Il y a énormément de gens de valeur en banlieue, c’est un formidable réservoir d’énergies et de compétences. Mais il y a également, malheureusement, une formidable propension à faire croire aux habitants qu’ils ne méritent pas de s’en sortir, qu’ils sont marqués d’une espèce de sceau d’infamie les condamnant à végéter. L’écriture de Comme un moineau m’a permis de vomir cette colère.

 

Vous pouvez retrouver Céline Saint-Charle sur sa page Facebook.

Un minimum d’humanité est disponible dans L’Indé Panda no4.  

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Comme un moineau de Céline Saint-Charle

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2 réflexions au sujet de « Interview Céline Sainte-Charle #2 »

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