Interview·Magazine n°10

Interview Ninou Cyrico

Ninou Cyrico a accepté de répondre à nos questions. Merci à elle !

Tu as été sélectionnée pour ce dixième numéro avec ta nouvelle « Vue d’en haut », peux-tu expliquer sa genèse ?

À l’origine, Vue d’en haut est une nouvelle écrite pour un concours d’un magazine lyonnais, le but étant d’imaginer Lyon dans 50 ans. Ça explique les descriptions de la ville telle que je la rêverais dans un demi-siècle, verte, respirable, métamorphosée, et son importance dans le récit. J’ai mixé ça avec une autre idée que j’avais en tête, celle d’un groupe de militaires cyborgs dans un futur utopique, avec à leur tête un p’tit gars blasé et un rien cynique, et voilà… Il y aurait de quoi en faire bien plus qu’une si petite nouvelle, je me le garde dans un coin de ma tête.

Plus à l’aise dans un registre particulier ? De quoi aimes-tu parler dans tes histoires ?

J’écris tout ce qui me vient comme ça me vient, les histoires me viennent un peu comme elles veulent.

Ce que je considère comme mes premières « vraies » œuvres sont les polars de mon adolescence, donc des récits qui se voulaient « réalistes ». C’est encore un genre que j’aime beaucoup, même s’il peut demander pas mal de recherches.

J’aime aussi beaucoup le fantastique, la fantasy et la SF, qui permettent une bien plus grande liberté au niveau de ce qu’on raconte, puisqu’on n’a pas à se soucier du réalisme, mais juste de la cohérence. Ça permet de partir bien plus loin.

Quand et comment as-tu commencé à écrire ? Te rappelles-tu ta première histoire ?

J’ai appris à écrire et depuis, j’écris.

Je déconne même pas… En fait, je me suis toujours raconté des histoires, enfin aussi loin que je m’en rappelle. Et j’ai commencé à les écrire dès que j’ai pu le faire.

L’écriture n’a jamais été un choix pour moi, c’était (c’est toujours) une nécessité…

La toute première ébauche de récit, j’étais en CM2. C’était du fantastique (une histoire de femme-chat pendant la 2e Guerre mondiale).

Mes premières histoires finies, 11/13 ans, fanfic de la série Booker pour ceux qui s’en souviennent, et mon premier roman original, 14/15 ans (un polar donc), et après je n’ai jamais arrêté…

Quel est ton rythme d’écriture ?

Très irrégulier, mais prolifique. Ma muse étant aussi productive que caractérielle, elle passe son temps à me balancer des idées sans me laisser le temps de les poser.

Quand tout va bien, qu’on est en phase sur une histoire qui me porte, je peux être extrêmement productive (cf. ma fanfic de Yuri on Ice !!, 200 pages pondues en deux mois), sinon, c’est très aléatoire.

Comment construis-tu ton travail ?

Tout peut me donner des idées, absolument tout, tout le temps, c’en est pénible…

J’écris directement, avec peu de notes, car trop en prendre a tendance à me bloquer (je ne sais pas pourquoi).

Pour ne pas commencer sans arrêt de nouveaux récits, j’ai pour règle d’attendre d’avoir la scène d’intro en tête et une trame générale, même vague, pour commencer un projet.

Mais en général, quand je commence, je sais où je vais. ^^ Je ne nierai pas le fait que parfois, mes personnages me jouent des tours et m’embarquent dans des péripéties imprévues, mais si le voyage peut prendre des chemins inattendus, je sais garder le cap.

Plutôt nouvelle ou roman ?

Roman pendant très longtemps, les deux maintenant. Pas du tout le même exercice, mais les nouvelles sont très bonnes pour apprendre à poser très vite et précisément un monde, des persos et des enjeux.

Les romans permettent de mieux développer, de poser plus d’enjeux, plus de complexité.

Pourquoi être indépendante ?

Le milieu éditorial est difficile, surtout celui d’il y a 20 ans, a fortiori quand on est provinciale, sans contact, sans réseau, ni rien. Je ne serais pas forcément fermée, aujourd’hui, à travailler avec des éditeurs « classiques », mais j’avoue qu’à l’époque, j’ai très vite abandonné l’idée pour devenir indépendant, surtout avec les possibilités que commençait à offrir internet. Il y a un vrai confort à l’indépendance.

Qu’est-ce qui te plaît le plus dans ce statut ?

Liberté totale de gestion du fond, de la forme et de la méthode. 😊

À l’inverse, qu’est-ce qui est le plus dur pour toi ?

Solitude face à tout ça, même si aujourd’hui avec le net et les réseaux sociaux, ça n’est plus si vrai.

Quel type de lectrice es-tu ? 

Éclectique. Je voudrais bien lire plus. J’aime qu’un récit m’emporte, quel qu’il soit (livre, film, série, jeu vidéo…). Un bon petit polar me fera toujours plaisir, une grande saga se passant à l’autre bout de l’univers aussi. Je cherche avant tout des persos attachants et des histoires bien menées. Et qui se finissent bien, parce que la vraie vie est assez déprimante comme ça !

Je n’ai pas un auteur préféré ni une saga préférée, j’ai des œuvres qui m’ont marquée à différents moments de ma vie. Fred Vargas m’a beaucoup inspirée quand j’ai commencé à écrire. J’admire profondément Tolkien d’avoir inventé la fantasy moderne, mais je n’en suis pas moins tout aussi admirative de la maestria avec laquelle J. K. Rowling a remis à plat la littérature jeunesse, créant une nouvelle recette fabuleuse avec des ingrédients pourtant bien connus. Récemment, je suis bien moins admirative de ses prises de position transphobes… Je suis aussi fan de la série Yuri on Ice et de sa leçon de courage et de dépassement de soi. ^^ Thèmes, que m’avait déjà enseigné il y a bien longtemps Jonathan Livingston le Goéland de Richard Bach, qui reste, des décennies plus tard, un de mes livres de chevet.

Récemment, j’ai été bluffée par le travail de Julien Hervieux, particulièrement son roman jeunesse Orage, petit Seigneur des Ténèbres, un conte revisité qui est une leçon extraordinaire sur le droit de choisir son destin et la nécessité de remettre parfois les règles en cause. À lire absolument !! 😊

Dans ce numéro 10 de L’Indé Panda, tu nous présentes ton roman « « Le Chant des Drows – Première Époque », peux-tu me raconter ce qui t’a inspiré ?

Le Chant des Drows reste mon œuvre phare, qui m’accompagne depuis 2006.

Les films du Seigneur des Anneaux étaient passés par là, je faisais pas mal de jeu de rôle, je travaillais sur un jeu de rôle de fantasy avec des amis, d’ailleurs, j’étais donc dans une « ambiance » plus propice à la fantasy qu’au réalisme. À noter que contrairement à ce que le titre pourrait laisser croire, je ne me suis pas du tout inspirée des aventures de Drizzt Do’Urden (et ce malgré mon profond respect pour cet univers).

Mon héros devient un sorcier pour venger sa mère, puis se met en ménage avec un autre sorcier qui veut envahir le royaume. Face à eux, il y a le prince héritier du royaume en question qui n’est pas super d’accord pour les laisser faire. C’est une base qui peut paraître classique, mais qui cache bien son jeu, en tout cas de l’avis de mes lecteurs. 😉

Au fur et à mesure que le récit se développait, se complexifiait dans mon esprit et s’écrivait, se sont retrouvés là un peu tous mes thèmes de prédilection : la mixité ethnique, voire le métissage « réel », avec leur corollaire : la tolérance, l’amour qu’on n’attend pas, ces êtres perdus qui finissent par se retrouver, par se relever, pour repartir vers un nouvel avenir, la religion et ses deux facettes : l’altruisme le plus beau et le fanatisme le plus destructeur, comment des destins personnels peuvent faire basculer des nations, voire le destin de leur monde… Tout ce qui me hante et/ou me questionne, donc… ^^

Pour finir, L’Indé Panda, c’est quoi pour toi ?

Une belle aventure, de belles découvertes et une équipe très sympa 😊 !!

Découvrez Ninou Cyrico dans L’Indé Panda 10

Lisez Le Chant des Drows – Première Époque sur Amazon

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Couv Ninou

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