Actualités·Interview·Magazine n°9

Interview Benoit Barker

Benoit Barker a accepté de répondre à nos questions. Merci à lui !

 

Tu as été sélectionné pour ce neuvième numéro avec ta nouvelle « Shutdown », peux-tu expliquer sa genèse ?

C’est une nouvelle née d’un petit défi d’écriture. Le but était d’écrire une histoire sur n’importe quel thème à condition de la commencer par « Elle rentra dans la pièce quand il commença à faire noir ». Dès le départ, cette phrase m’a évoqué la peur du noir, probablement parce que gamin j’étais un grand froussard. Du coup, je me suis demandé comment je pouvais rendre cette peur « réelle » et non pas uniquement basé sur l’inconnu et les monstres sous le lit qui n’existent que dans la tête des gamins trop imaginatifs.

Je ne peux pas en dire plus sans trop en dévoiler, mais disons que j’espère avoir réussi à rendre cette peur aussi tangible pour mes lecteurs que pour mes protagonistes.

Benoit Barker

 

Plus à l’aise dans un registre particulier ? De quoi aimes-tu parler dans tes histoires ?

Je suis plus à l’aise dans les genres de l’imaginaire, que ce soit de la fantasy, de la SF ou de l’horreur, quasiment toujours avec une plus ou moins forte dose d’humour. Même mes écrits érotiques (il faut bien varier les plaisirs) incorporent de très fortes composantes de fantasy ou de science-fiction, c’est dire si ça imprègne tout.

En général, j’aime beaucoup les tragédies au sens large, les combats perdus d’avance, et le sentiment d’aliénation. J’éprouve toujours un plaisir particulier à l’idée que mes protagonistes ont déjà perdu, quoi qu’ils fassent, ce qui fait de moi un auteur fort peu sympathique avec mes héros. Mais bon, j’aime voir ce qui ressort d’un personnage lorsqu’il est au fond du trou et que quelqu’un lui tend une pelle.

 

Quand et comment as-tu commencé à écrire ? Te rappelles-tu ta première histoire ?

J’ai écrit quasiment dès la primaire, je me rappelle encore de mon premier « roman » (3 pages rédigés au feutre en super gros) intitulé « Meurtre dans un champ de canne à sucre » que j’avais griffonné uniquement basé sur le fait que ma mère aimait bien mettre du sucre de canne dans son café (on trouve l’inspiration où on peut hein ^^).

Je dirais que mon « vrai » début sérieux a eu lieu quand je me suis mis à écrire un blog pour partager mes passions. Ce blog a fini par prendre une ampleur inattendue, mon écriture/humour avec, et depuis, je n’ai pas cessé d’écrire.

 

Quel est ton rythme d’écriture ?

Très fluctuant. Certaines semaines je peux être à 10k mots, et d’autres ne rien écrire du tout. C’est assez tributaire de mon inspiration et je n’ai malheureusement que très peu de contrôle dessus alors je suis le flot, parfois à ma grande frustration quand mon radeau se prend dans des bas-fonds.

 

Comment construis-tu ton travail ?

En un mix pas du tout savant (même carrément alchimique) de planification et de « je me laisse porter où mes personnages m’emmènent ». Que ce soit pour un roman ou une nouvelle, je ne me lance pas dans l’écriture sans avoir un contexte et une fin précis en tête. Mes fins changent généralement au fur et à mesure de l’écriture, mais j’ai besoin d’avoir cette ligne d’arrivée en tête pour rester le plus focalisé possible et pour ne pas perdre de vue le rythme de mon récit. Pour mes personnages, j’ai leurs traits de caractère en tête, leurs envies, mais pas forcément leurs objectifs, car ceux-ci naissent de leur choc avec mon contexte, le tout se développe ensuite organiquement.

Cette méthode me permet à la fois de me cadrer sans pour autant brider mon inspiration et fonctionne donc plutôt bien pour moi.

 

Plutôt nouvelle ou roman ?

Je ne retire pas le même plaisir des deux formats, donc je répondrais : les deux ! Oui, c’est une belle réponse de normand, je sais. Pour être plus précis, j’aime les nouvelles pour explorer des concepts tordus sans pour autant me sentir prisonnier au long cours si les concepts en question tournent mal, et j’aime les romans, car ils permettent de mettre en place une vraie évolution des personnages. Et puis l’alternance roman/nouvelle permet de rester « frais » dans son écriture, ça recharge l’inspiration et ça permet de souffler après avoir été longtemps plongé dans la cervelle des mêmes personnages pendant longtemps.

 

Pourquoi être indépendant ?

Pour garder le contrôle sur ce que je fais, tout simplement. Depuis que j’écris, j’ai toujours eu une aversion à mêler argent et création par peur de transformer ce qui est un plaisir en obligation, alors devoir rendre des comptes, ça ne collait pas du tout. Du coup, pour l’écriture de fictions, la voix de l’indépendance est la plus adaptée pour ce que je recherche.

 

Qu’est-ce qui te plaît le plus dans ce statut ?

Pouvoir écrire au rythme que je veux (surtout vu mon débit d’écriture très à géométrie variable), sur ce que je veux, et ne pas me retrouver cantonné à un genre en particulier.

 

À l’inverse, qu’est-ce qui est le plus dur pour toi ?

Tout le travail de marketing/faire connaitre ses romans dans un monde totalement saturé par les réseaux sociaux ou l’on a parfois l’impression que la terre entière à quelque chose à montrer ou à vendre.

 

Quel type de lecteur es-tu ?

Plutôt monomaniaque vu que 99 % de mes lectures proviennent du domaine de l’imaginaire. Et lorsque j’ai un coup de cœur littéraire, je peux passer plusieurs mois à ne lire qu’un seul et unique auteur (autant dire que quand j’ai mis le nez dans « La compagnie des glaces » j’ai été occupé un moment)

 

Dans ce numéro 9 de L’Indé Panda, tu nous présentes ton roman « Projet Faille : Bienvenue à l’institut », peux-tu me raconter ce qui t’a inspiré ?

Je voulais tout simplement écrire une histoire en huis clos baigné de mystères. Pour être plus précis, je voulais écrire une histoire qui soit une forme d’antithèse à la série LOST qui est tout ce que je déteste dans les histoires à mystère, à savoir une histoire avec une prémisse intéressante, remplie d’idées intrigantes… qui ne mènent nulle part.

Du coup, j’ai pris beaucoup de temps pour mettre en place un concept qui me permettrait, comme cette série, d’avoir à disposition plein d’éléments étranges à présenter aux lecteurs, tout en ayant une explication la plus complète et intéressante possible à cesdits éléments étranges.

Mon but étant qu’à la lecture des derniers chapitres on se dise « La vache, j’avais pas vu venir un truc pareil » au lieu de « Tout ça pour ça ? »

Plus qu’à lire Projet Faille pour me dire si j’ai réussi ou pas 😉

 

Pour finir, L’Indé Panda, c’est quoi pour toi ?

Un rassemblement d’auteurs indépendants passionnés qui se sont donné la très rude tâche de se faire connaitre. ^^

 

Découvrez « Shutdown » dans L’Indé Panda 9.

Lisez « Projet Faille : Bienvenue à l’institut » sur Amazon.

Suivez Benoit Barker sur Facebook.

benoit barker

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