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Interview Noémie Delpra

Noémie a accepté de répondre à nos questions. Merci à elle !

 

Tu as été sélectionnée pour ce huitième numéro avec ta nouvelle « La mort est finalement plus douce qu’on ne le croit », peux-tu expliquer sa genèse ?

J’ai écrit cette nouvelle spécialement pour l’appel à texte de L’Indé Panda, que je venais alors de découvrir. Pour moi, c’était l’occasion d’imaginer une histoire connexe à ma tétralogie, Les larmes de Jundur. Ainsi, la nouvelle pourrait être lue soit en introduction à cet univers, soit en approfondissement pour ceux qui le connaissent. En effet, les événements de « La mort est finalement plus douce qu’on ne le croit » se déroulent plus de quatre cents ans avant l’intrigue de mes romans. Quant au choix du personnage que l’on suit dans cette nouvelle, il est venu, comme souvent, de discussions avec mes proches. J’ai la chance d’être très bien entourée et soutenue dans cette aventure littéraire, je ne les en remercierai jamais assez !

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Plus à l’aise dans un registre particulier ? De quoi aimes-tu parler dans tes histoires ?

La littérature fantastique ! Je trouve que ce genre permet un formidable paradoxe : d’une part, il a vocation à émerveiller le lecteur en dépassant les frontières du réel, mais en même temps, au-delà de la magie et de l’imaginaire, il permet d’aborder des thèmes bien réels comme la quête d’identité, la complexité des relations humaines, les valeurs morales, le respect de la nature, l’amour, la mort… Et si créer des univers merveilleux est pour moi un ravissement, c’est bien l’évolution des personnages dans ce qu’ils ont de plus humain qui me tient le plus à cœur.

 

Quand et comment as-tu commencé à écrire ? Te rappelles-tu ta première histoire ?

J’ai pris goût à l’écriture au collège, alors que j’étais une lectrice compulsive de séries fantastiques. J’écrivais de petites nouvelles, je me suis aussi essayée à la fanfiction. Je crois que ma première véritable histoire est née quand j’avais douze ans, et on peut aujourd’hui y voir les prémices de ma tétralogie. On y suivait une jeune fille qui basculait dans un monde parallèle… J’ai d’ailleurs commencé à écrire Les larmes de Jundur peu de temps après, à l’âge de quinze ans.

 

Quel est ton rythme d’écriture ?

J’écris le soir et le week-end, et parfois le midi lors de ma pause déjeuner. En période d’écriture pure, je suis assez efficace, l’esprit constamment en ébullition (il m’arrive souvent d’avoir des idées ou de résoudre des problèmes d’intrigue sur le chemin du travail, ou lors d’une balade en forêt). Je procrastine davantage en période de réécriture, lorsqu’il s’agit de retravailler le texte en fonction du retour de mes bêta-lecteurs…

 

Comment construis-tu ton travail ?

Il est assez difficile pour moi de répondre à cette question, dans la mesure où j’ai commencé à écrire mon roman à l’âge de quinze ans. À l’époque, je progressais selon mon inspiration, sans avoir aucune idée d’où tout cela me menait. Après avoir écrit plusieurs tomes de cette façon, je n’ai plus écrit une ligne pendant près de deux ans, puis j’ai entrepris un long travail de réécriture du premier volume sous l’œil critique de mes proches. C’est à l’âge de vingt-trois ans, huit ans après la naissance de cette histoire, que j’ai auto-édité mon roman. Aujourd’hui, construire en amont la trame générale, les rouages de l’univers et les motivations des personnages me semble essentiel, pour ne pas avoir à corriger des incohérences dans l’intrigue ou la personnalité des personnages. Pour autant, je pense que je laisserai toujours la part belle à l’inspiration et la spontanéité : vous ne me verrez pas construire le déroulé de l’intrigue chapitre par chapitre avant même d’avoir couché une ligne du texte.

 

Plutôt nouvelle ou roman ?

Roman ! Et je dirais même, romans en plusieurs tomes. La longueur d’un roman et à plus forte raison d’une série permet de développer un univers, de faire évoluer des personnages jusqu’à ce que tout cela prenne une épaisseur presque réelle. J’ai souvent connu en tant que lectrice l’émotion immense de refermer la dernière page d’une saga, avec la sensation de quitter des amis et un véritable cocon familier. C’est tout ce que je souhaite à mes lecteurs lorsqu’ils viendront à bout de ma tétralogie !

Lorsque j’écris des nouvelles, c’est souvent à l’occasion de concours qui sont pour moi l’opportunité de travailler mon style et de m’essayer à d’autres genres (sauf ici, c’est sûrement ma seule nouvelle fantastique !).

 

Pourquoi être indépendant ?

Lorsque j’ai achevé le premier tome des Larmes de Jundur, je voulais pouvoir toucher rapidement des lecteurs et ainsi avoir des retours avant de me lancer dans la réécriture du second volume. Je suis maintenant totalement convaincue des vertus de l’auto-édition. Cela demande une grande polyvalence, tant le travail à accomplir est colossal : mise en page du livre broché et de l’ebook, conception de la maquette de couverture, promotion du livre (création et animation d’un site internet, d’une page Facebook, sollicitation de blogueurs littéraires…) et bien sûr diffusion, un travail de longue haleine (partenariat avec les libraires, présence sur les salons…). Je trouve l’expérience absolument passionnante : elle permet de progresser dans de multiples domaines, de se lancer sans cesse de nouveaux défis…

 

Qu’est-ce qui te plaît le plus dans ce statut ?

Le fait de gérer de A à Z tout ce qui concerne mon « bébé ». Par exemple, c’est un vrai bonheur d’échanger longuement avec l’illustratrice pour aboutir à la couverture parfaite, ou encore de construire moi-même sur Photoshop les nombreux visuels (maquette de couverture, affiches, roll-ups, marque-pages, etc.). Je trouve que tout ce travail, parfois difficile, donne à la fin un véritable sentiment d’accomplissement et de fierté.

 

À l’inverse, qu’est-ce qui est le plus dur pour toi ?

Je dirais tout simplement le manque de visibilité « physique » : le fait de ne pas être distribué en librairie dans toute la France. Mais au-delà de ce fait objectif contre lequel je ne peux pas grand-chose, les difficultés de l’auto-édition sont pour moi des défis qui permettent de se dépasser. Par exemple, étant de nature réservée, il m’était au début très difficile d’aller « vendre » mon roman à des libraires, et j’appréhendais énormément mon premier salon et ma première dédicace en librairie. Ces expériences m’ont permis de prendre confiance en moi, d’apprendre à valoriser mon travail et aujourd’hui je n’ai qu’une hâte : être au prochain salon !

 

Quel type de lecteur es-tu ?

À la base, dévoreuse compulsive et insatiable de sagas fantastiques ! Aujourd’hui, je regrette de ne plus lire autant qu’avant. J’ai souvent l’impression de devoir choisir entre lire et écrire, car les journées ne sont malheureusement pas extensibles.

 

Dans ce numéro 8 de L’Indé Panda, tu nous présentes ton roman « Les Larmes de Jundur », peux-tu me raconter ce qui t’a inspirée ?

Après avoir été bercée par les aventures d’Eragon, Harry Potter, Lyra (À la croisée des mondes) et de tant d’autres, j’ai ressenti le besoin de créer mon propre univers, de raconter ma propre histoire. Le déclic est probablement venu de ma rencontre avec les mondes merveilleux et la plume enchanteresse de Pierre Bottero (La Quête d’Ewilan, Le Pacte des Marchombres…). Ceux qui l’ont lu reconnaîtront sans aucun doute son influence dans mon roman. Je pourrais également citer des ouvrages plus sombres découverts au cours de mes études, comme La Bête Humaine ou Crime et Châtiment. Mes inspirations ne sont toutefois pas que livresques : les fans de la licence The Legend of Zelda ne manqueront pas de remarquer quelques clins d’œil à cet univers. Pour finir, vous retrouverez dans Les larmes de Jundur mon attachement profond à la nature et aux animaux…

 

Pour finir, L’Indé Panda, c’est quoi pour toi ?

Une merveilleuse initiative emblématique de la solidarité qui existe dans le milieu de l’auto-édition. Une belle opportunité de gagner en visibilité pour les auteurs, et de découvrir de nouvelles plumes pour les lecteurs. Et enfin, un joli pied de nez aux idées reçues concernant l’auto-édition, par la mise en avant du talent des auteurs et l’exigence de qualité inhérente à l’appel à texte.

Un grand merci à l’équipe pour tout le travail accompli, vous êtes formidables !

 

Découvrez La mort est finalement plus douce qu’on ne le croit dans L’Indé Panda 8.

Lisez Les Larmes de Jundur sur Amazon.

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Noémie Delpra

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