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Interview Raphaël Morgano

Merci à Raphaël d’avoir accepté de répondre à nos questions !

 

Tu as été sélectionné pour ce septième numéro avec ta nouvelle « Indécision », peux-tu expliquer sa genèse ?

Elle remonte à loin, puisque c’est une nouvelle que j’ai dû écrire en 2011 ou 2012. Le point de départ a été sa chute : l’idée d’un type qui prend une décision importante sur le résultat d’un sondage ou d’un vote. On pourrait croire que la digression sur Dumas a été ajoutée pour coller à la thématique d’ensemble de mon recueil (dont tous les textes tournent autour du thème du livre), mais en fait, non, elle est d’origine.

5 Morgano

 

 

Plus à l’aise dans un registre particulier ? De quoi aimes-tu parler dans tes histoires ?

Il doit toujours y avoir un petit mystère, une petite tension. On pourrait dire que j’œuvre majoritairement dans la littérature blanche, avec parfois une touche de fantastique. Je ne suis pas à l’aise (mais il faut que j’y travaille) avec les descriptions, que ce soit de personnages ou de lieux. Plus avec les circonstances ou les actions.

 

Quand et comment as-tu commencé à écrire ? Te rappelles-tu ta première histoire ?

Adolescent, j’ai écrit des chansons. À 20 ans, j’ai écrit un concept-book aussi inventif qu’immature, plein de discrètes références scientifiques, qui compare l’Univers à un livre. La première nouvelle que j’ai écrite remonte à 2010, et figure dans mon recueil sous le titre « Hésitation ».

 

Quel est ton rythme d’écriture ?

Je suis un écrivain du dimanche, et encore, comme je dis souvent, « pas de tous les dimanches ». Ma vie d’aujourd’hui ne me laisse hélas pas une grande place pour l’écriture. Je ne parle pas tant de temps effectif que de disponibilité mentale pour le faire. J’ai l’impression que pour bien écrire, il faut y être tout entier.

 

Comment construis-tu ton travail ?

Le point précédent apporte un début de réponse… Pour ma part, j’écris très peu, et l’idée précède toujours l’écriture. Je ne m’identifie pas du tout – même si je le regrette parfois – aux auteurs capables de se mettre devant leur clavier en se disant « sur quoi vais-je écrire aujourd’hui ? » et qui reviendront deux heures plus tard avec 3000 mots. Vraiment pas. Maintenant, quand l’idée générale est là, j’écris presque toujours un plan, ainsi que les premières idées ou les premiers bouts de phrase qui me viennent. Puis je rédige, plus ou moins adroitement du premier coup. Mais contrairement à pas mal d’auteurs, semble-t-il, j’aime beaucoup l’exercice de relecture et de peaufinage ; passer une heure sur une phrase ne me dérange pas. Car à ce stade, l’angoisse « de ne pas y arriver » est déjà derrière, donc je suis détendu.

 

Plutôt nouvelle ou roman ?

J’ai surtout écrit des nouvelles, peut-être une vingtaine en tout. Mais je crois bien qu’un jour j’aurai aussi envie d’écrire un roman. Le format « nouvelle » est pratique quand on a peu de temps pour écrire, car il permet de ménager son intérêt et sa motivation jusqu’au bout, surtout quand comme moi on se lasse vite d’un sujet. Il permet aussi d’expérimenter sur quelques pages des choses audacieuses qui susciteraient immanquablement le rejet chez le lecteur sur beaucoup plus. Maintenant, la nouvelle a ses codes, ses exigences, et ses mécanismes, qui n’en font pas un exercice si facile pour autant. Aujourd’hui, mon approche de l’écriture un peu abstraite et conceptuelle s’y prête bien. Et j’aime l’idée du recueil, avec une connivence entre les différents textes qui le composent.

 

Pourquoi être indépendant ?

Autant l’avouer, c’est d’abord un choix par défaut. J’ai sollicité pour mon recueil une vingtaine d’éditeurs, des petits, des grands, des généralistes, des spécialistes de la nouvelle. Sans succès.

 

Qu’est-ce qui te plaît le plus dans ce statut ?

La proximité avec les lecteurs et les autres auteurs indépendants. Le rapport au temps qui n’est plus le même. Dans l’édition classique, un nouveau livre a droit à trois semaines de présence en librairie pour trouver son public. En auto-édition, il a en quelque sorte l’éternité devant lui. Le grand intérêt est aussi que les auteurs indépendants se lisent beaucoup entre eux.

 

À l’inverse, qu’est-ce qui est le plus dur pour toi ?

Se rendre visible, trouver des lecteurs, faire sa promotion, trouver son cercle d’affinités parmi les autres auteurs indépendants.

 

Quel type de lecteur es-tu ?

J’essaie de m’en tenir à ma ligne qui est d’alterner « classiques » et « contemporains », et de panacher des lectures exigeantes avec d’autres, plus divertissantes, comme je le fais aussi pour le cinéma. J’intercale aussi maintenant des auto-édités. Je dois lire une vingtaine de livres par an, et c’est loin d’être autant que je voudrais !

 

Dans ce numéro 7 de L’Indé Panda, tu nous présentes ton recueil de nouvelles « Sous la couverture », peux-tu me raconter ce qui t’a inspiré ?

 La genèse du recueil s’est faite un peu par hasard… Une nouvelle, puis une deuxième, puis une troisième, et tiens tiens, on dirait qu’il y a des thématiques et mécanismes récurrents. Quand au bout d’un moment j’ai compris que les livres tenaient le premier rôle dans les nouvelles déjà écrites, le cahier des charges pour les suivantes est devenu plus net. Je tenais là un thème très riche, qui pourrait se décliner à l’infini : le rapport au livre et son lien à la réalité. Mais j’ai surtout cherché à diversifier les mécanismes de chute et varier les effets, les modes de narration, pour ne pas tomber dans la répétition.

 

Pour finir, L’Indé Panda, c’est quoi pour toi ?

Une très belle initiative qui offre une vitrine de choix pour permettre à des auteurs indépendants de présenter leur travail, et peut-être, trouver une nouvelle audience. Merci à tous les bénévoles !

 

Indécision est disponible dans L’Indé Panda 7.

Découvrez Sous la couverture sur Amazon.

raphael

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