Actualités·Interview·Magazine n°6

Interview Valéry Bonneau #3

Valéry Bonneau ayant déjà répondu à une interview « classique » et à un portrait chinois, nous lui posons quelques questions sur ses lectures. Merci à lui.

Quel est le livre qui t’a le plus effrayé ?

Petit, L’île aux trente cercueils de Maurice Leblanc. J’en garde le souvenir d’une nuit de lecture très éprouvante.

Adulte, assurément Et si c’était vrai. J’en garde le souvenir d’un mal de crâne persistant et le sentiment que la fin du monde rode, se rapproche.

Le livre qui t’as fait pleurer ?

Les Misérables. Des larmes à plus ne plus savoir qu’en faire à la mort de Jean Valjean. Je n’en revenais pas d’être dans cet état-là. Je sais, mettre les Misérables deux lignes après avoir conchié Levy, c’est moche, ça fait un peu je me la raconte. Mais je suis écrivain alors forcément, je me la raconte un peu (à moi et autres autres).

Quel livre ou auteur t’as donné l’envie d’écrire ?

Je serais bien incapable de le dire. Houla. D’autant que je m’y suis mis assez tard après de débuts poussifs. Peut-être Jim Thompson. Ou alors Robin Cook (l’anglais, pas l’américain). Oui peut-être Robin Cook.

Ton livre de chevet ?

Un seul ? Impossible un seul. Mais une petite liste, très restreinte de livre qui m’ont profondément touché : La zone du dehors de Damasio, 1984 d’Orwell, 1275 âmes de Jim Thompson. Sans oublier Martine aime péter dans son coin pour la leçon de vie qu’il contient.

Le livre que tu as le plus lu, relu et re-relu ?

Cyrano de Bergerac, sans hésitation. Je le lis au moins une fois par an ce qui à mon age canonique commence à foutre un peu le tournis.

Si tu ne devais en garder qu’un seul ?

Cent ans de solitude. Peut-être parce qu’il est unique. Qu’il fait pas trente pages non plus comme beaucoup de romans français de la rentrée littéraire (enfin si tu mets pas des marges de 5 centimètres et que tu imprimes pas en police taille 24).

Et le livre ou l’auteur que tu n’as pas supporté ?

En vieillissant, je ne m’embarrasse plus. Si ça me gonfle, poubelle. Je dirais bien un truc genre Lévy mais on va encore dire que je me la joue. Non, en fait c’est Ernest Hemingway. Son vieil homme et la mer là, c’est juste pas possible de niaiserie et de platitude. On dirait un Oui-Oui écrit par un neurasthénique qu’a jamais eu son permis de pêche. C’est presque aussi niais que Le petit prince, c’est vous dire.

Bon, je fais le pitre comme ça, pour trouver des formules ; mais dans l’absolu aucun auteur ne me gêne. J’ai toujours trouvé que c’était bien de lire, indépendamment de ce qu’on lisait. Et que les classements d’auteurs, bon, ça avance pas tellement.

Tu as été sélectionné pour ce 6ème numéro avec ta nouvelle La dernière danse, quelle est sa genèse ?

Je voulais vraiment écrire un truc très triste. L’idée m’est venue à Milan, en observant une vieille dame prendre le train. Sa vie avait l’air d’être un fardeau. C’est aussi une période où je me sentais très seul. J’ai réfléchi à la solitude, à ce qui pouvait être le pire et je suis venu avec ce Pepino que personne ne peut toucher. Seul même lorsqu’il est avec les autres.

Tu nous présentes ton roman Une Tarte dans la gueule, peux-tu nous raconter ce qui t’a inspiré ?

On écrit bien que sur ce qu’on connait, alors je me suis inspiré de mes multiples pérégrinations dans les bistrots Parisiens. Je suis un écrivain de comptoir alors lorsque je me suis mis à écrire mon premier roman, l’idée de ce type un peu con, un peu benêt mais motivé qui veut monter son bar dans le bas Belleville m’est apparu comme une évidence. Personnages tordus, situations branlantes, dialogues enlevés, je me suis fait plaisir.

Avec ce que je considère comme la meilleure critique de tous les temps : « un excellent premier roman, à la croisée du polar et de l’anti-livre de développement personnel. »

Une tarte dans la gueule par [Bonneau, Valéry]

Vous pouvez retrouver Valéry Bonneau sur son site.

La dernière danse est disponible dans L’Indé Panda n°6.

Découvrez Une tarte dans la gueule sur Amazon.

Une réflexion au sujet de « Interview Valéry Bonneau #3 »

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s