Actualités·Interview·Magazine n°6

Interview Laurent B.

Dans le numéro 6 de L’Indé Panda, nous avons eu la joie d’accueillir quelques nouveaux venus, dont notre auteur du jour: Laurent B.

Tu as été sélectionné pour ce second numéro avec ta nouvelle Le Caveau sans vitrail, peux-tu expliquer sa genèse ?

Contrairement à ce qui s’est passé pour mes autres nouvelles, la chute de « un caveau sans vitrail » s’est imposée à moi sans prévenir. L’idée m’est venue alors que je passais un péage d’autoroute (oui, rien à voir) ; la suite a découlé naturellement. Il m’a quand même fallu entreprendre quelques recherches pour rafraîchir mes souvenirs sur les enlèvements des années 1970 (le jeune Mérieux, le baron Empain) et vérifier quelques données géographiques et médicales. Et bien sûr, je me suis imposé les inévitables semaines de maturation, de relecture et de ré-écriture.

L’image contient peut-être : texte

Plus à l’aise dans un registre particulier ? De quoi aimes-tu parler dans tes histoires ?

Parce que je suis un « jeune » auteur qui a tout à apprendre, je ne me limite surtout pas à un seul registre. J’alterne entre medieval-fantasy, fantastique, anticipation et contemporain (avec parfois des anecdotes historiques). J’aime avant tout raconter comment des gens ordinaires se voient contraints d’agir de manière extra-ordinaire (ou refusent de changer). Ce qu’il y derrière cela, c’est la révélation de ce que nous sommes vraiment, de notre potentiel… si nous nous en donnons la peine.

Quand et comment as-tu commencé à écrire ? Te rappelles-tu ta première histoire ?

En dehors de quelques essais qui ne méritent pas qu’on s’y attarde, j’ai vraiment commencé à écrire en février 2016 pour mon camarade illustrateur Guillaume Tavernier. Il venait de créer un monde medieval-fantasy pour le jeu de rôle. Je lui ai proposé quelques textes courts, pensant sincèrement qu’il n’en publierait qu’un, par amitié, et que cela s’arrêterait là. Il s’est avéré que mes histoires lui ont plu et il m’en a demandé plus. Un an et demi plus tard est sorti un livre (Tahala la cité des aigles) de 250 pages qui a eu son petit succès dans le monde du jeu de rôle. Nous poursuivons cette aventure depuis. L’écriture de ces textes courts m’a fait prendre conscience de tout ce que je pouvais améliorer : style, rythme, mode narratif, structure de l’histoire… Je me suis donc astreint à « étudier ». En décortiquant des nouvelles que j’aimais (dont certaines publiées sur l’Indé Panda), en fréquentant un forum d’écriture et en me plongeant dans des livres sur l’écriture et la narration.

Quel est ton rythme d’écriture ?

Pour ce qui est de mon travail avec Guillaume Tavernier, j’écris très régulièrement puisque le financement participatif impose qu’un chapitre soit donné aux contributeurs tous les mois.
Pour les nouvelles, tout dépend si je suis « sur mes terres » ou pas. Dans l’affirmative je me laisse aisément détourner de l’écriture par des occupations plus rurales. Mais lorsque je suis « à l’étranger », je peux écrire une nouvelle par mois.

Comment construis-tu ton travail ?

Je suis un « architecte » c’est-à-dire que je dois avoir un schéma très précis de ce que je veux raconter avant d’écrire le premier mot. À l’origine de chacune de mes nouvelles, se trouve une « chute ». C’est de cette fin surprenante et inattendue que je pars pour construire mon texte.
Bien sûr, ce processus ne m’empêche pas d’apporter des modifications pendant l’écriture ; soit parce qu’une idée est apparue, soit parce que les relectures ont révélé une incohérence, une incompréhension, voire une variation intéressante.

Plutôt nouvelle ou roman ?
En tant qu’auteur, uniquement nouvelle. Je suis encore en train de « faire mes gammes » et le format court me permet de tester de nombreuses techniques de narration, styles, ambiances, formats…

Pourquoi être indépendant ?

Parce que je ne veux écrire que ce que j’aime et que ma situation personnelle me permet d’avoir cette liberté. Dit autrement : j’écris parce que ça me plaît et non pour des raisons financières.

Qu’est-ce qui te plaît le plus dans ce statut ?

La liberté d’écrire sur des thèmes auxquels je suis attaché : l’importance des racines, le sens du devoir, le courage.

À l’inverse, qu’est-ce qui est le plus dur pour toi ?

L’absence d’avis argumentés et objectifs sur ce que j’écris, positifs et négatifs (surtout négatifs) ! On imagine mal à quel point il est difficile d’obtenir des lecteurs qu’ils donnent leur ressenti sur vos textes. Je compare la diffusion d’une nouvelle au fait de lancer un caillou dans un puits et de ne jamais entendre « plouf ». J’ai fait l’expérience de créer un site internet et une chaîne Youtube (Histoires et Gribouillages) pour diffuser mes textes en écrit et en audio, et même là, c’est le désert des Tartares.

Quel type de lecteur es-tu ?

Je suis un lecteur curieux mais assez classique. Je lis des nouvelles (Dahl, Maupassant, Poe…), des policiers (Chesterton, Christie, Malet…), de la fantasy (Tolkien, Vance…), de l’anticipation (Barjavel, Vance, Heinlein, Asimov…) et des romans historiques. Je lis plusieurs dizaines de livres par an. J’avoue par contre avoir beaucoup de mal avec certains auteurs contemporains qui se soucient plus de convertir le lecteur à leurs idées que de raconter une bonne histoire.

Dans ce numéro 6 deL’Indé Panda, tu nous présentes ton roman Longue-Ville, peux-tu me raconter ce qui t’a inspiré ?

Il s’agit de la description d’une ville-caravane, Longue-Ville, se déplaçant dans les steppes d’un monde medieval-fantasy. Ce n’est pas un roman mais un ensemble de textes courts, avec de nombreuses illustrations, racontant cette ville ambulante avec ses habitants, leurs coutumes et les dangers qui l’entourent. Ce livre, qui regorge de dessins, ,est destiné à servir de support à des parties de jeu de rôle, en apportant de nombreux détails qui étayent la narration et inspirent les joueurs. En somme, un beau livre qui fait voyager l’imagination.

couverture Longue-Ville.jpg

Question bonus de Marie J. Berchoud: Pourquoi ce titre: « Un caveau sans vitrail »?

Eh bien le caveau, c’est à la fois cette cave où est détenue l’otage de la nouvelle, mais aussi l’endroit où repose sa mère, décédée quelques années auparavant. Cette image est renforcée par le passage où le seul soupirail de la cave est occulté par des pelletées de terre, référence supplémentaire à la mort et à l’ensevelissement.
Et pour ce qui est du vitrail, il s’agit bien sûr d’une allusion à l’importance que la protagoniste et la nouvelle accordent aux couleurs. Mais pour moi, le vitrail est aussi un encouragement à conserver la foi, ce qui, dans le cas de la jeune héroïne, illustre son combat intérieur: continuer à se battre, ou céder à la tentation de l’abandon.

Pour finir, L’Indé Panda, c’est quoi pour toi ?

L’Indé Panda, au départ, c’était pour moi un recueil d’excellentes nouvelles, des nouvelles comme j’aurais aimé en écrire. J’avoue avoir décortiqué certaines d’entre elles dans l’espoir d’en rédiger d’aussi bien. Puis l’Indé Panda est devenu le « groupe-d’auteurs-indépendants-à-qui-j’ai-envoyé-un-texte-au-cas-où ». Enfin ce fut le magazine qui, non seulement, avait choisi ma nouvelle, mais aussi expliquait le processus de sélection, notes à l’appui. Et pour moi qui souffre de ne pas avoir d’avis sur mes textes, ça valait presque autant que d’avoir été sélectionné.

Un caveau sans vitrail est disponible dans L’Indé Panda 6.

Découvrez Longue-Ville sur tipeee.

 

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