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Interview Isabelle Piraux

Isabelle a accepté de répondre à nos questions, merci à elle !

 

Tu as été sélectionnée pour ce cinquième numéro avec ta nouvelle Une drôle de faim, peux-tu expliquer sa genèse ?

C’est en lisant le témoignage d’un rescapé de la tuerie d’Oradour-sur-Glane, offert par une lectrice d’une communauté de lecteurs, que j’ai repensé à l’histoire de mon grand-père paternel et de mon père, séparés au cours de la Seconde Guerre mondiale. J’ai voulu me replonger dans cette période et mettre en perspective la réalité des sentiments et le vécu de chaque membre d’une famille, littéralement broyé par ce conflit. J’ai voulu personnifier la faim et en faire une compagne universelle, qui résonne, encore au XXIème siècle, à mes oreilles.

4 Piraux

 

Plus à l’aise dans un registre particulier ? De quoi aimes-tu parler dans tes histoires ?

J’aime plus particulièrement les nouvelles, car je peux raconter une histoire en allant à l’essentiel et en peaufinant, à l’extrême, l’écriture et le choix des mots. Je réalise que je m’oriente souvent vers des textes réalistes, qui remontent le cours du temps, car j’aime imaginer les vies de personnages qui auraient pu m’être familiers et proches. Cependant, j’ai le sentiment que mon imagination est sans bornes et qu’écrire me permet vraiment de tout vivre et de tout tenter : une véritable expérience de la liberté sans me risquer.

 

Quand et comment as-tu commencé à écrire ? Te rappelles-tu ta première histoire ?

Enfant unique et solitaire, la lecture et l’écriture étaient mes passe-temps favoris. J’avais, comme toute jeune fille de mon époque, un « diary » ou journal intime qui recevait toutes mes pensées, mes doutes, mes interrogations. J’ai commencé par écrire des poèmes et le premier racontait la naissance et le déclin du jour et sa perpétuelle résurrection. Non scientifique, je ne cherchais pas à comprendre ce phénomène, mais son mystère entretenait un imaginaire tourné vers le surnaturel et le divin.

 

Quel est ton rythme d’écriture ?

Il est très contrasté. Les idées sont légion et je prends régulièrement des notes sur un calepin qui ne me quitte pas. J’avoue écrire davantage avec assiduité quand je suis en congés et débarrassée de contingences professionnelles ou familiales. Je m’astreins à une relative régularité le week-end et parfois, en fin de journée. C’est toutefois beaucoup plus compliqué pour moi.

 

Comment construis-tu ton travail ?

Je prends un grand plaisir à répondre à des appels à textes qui m’enferment dans des contraintes de thèmes, de longueur ou de ton. Pour les nouvelles, c’est lorsque je tiens l’idée de la chute que je me lance d’une traite. Quant aux romans, certes je n’en suis qu’au second, mais je fais un script de l’histoire que je découpe en chapitres avec l’idée d’une progression dramatique. Enfin je détaille par fiches mes principaux personnages, y compris les lieux et l’intrigue. Je passe du temps à me relire, à trouver le mot ou le verbe juste et j’adore lire à voix haute pour mieux apprécier l’effet de mon travail sur le lecteur.

 

Plutôt nouvelle ou roman ?

Je dirais plutôt nouvelle, pour forger mon style et varier les genres littéraires. Le roman est de plus longue haleine, c’est pourquoi j’ai toujours plusieurs fers au feu. J’aime aussi m’essayer à la poésie et j’avoue humblement rêver d’écrire une pièce de théâtre.

 

Pourquoi être indépendant ?

Au départ, c’est apparu la solution la plus évidente pour tester un premier roman sur le public via Amazon. Je souhaitais publier rapidement et je n’avais pas le temps d’expérimenter ni les délais des maisons d’édition ni les refus de leur comité de lecture. C’est un bon moyen de partager son travail et d’être lue sans attendre une hypothétique validation d’une maison d’édition.

 

Qu’est-ce qui te plaît le plus dans ce statut ?

L’essentiel : la liberté ! Personne pour me contraindre ou me donner des conseils que je serai bien avisée de suivre sinon… J’accède à toutes sortes de lecteurs, je les côtoie et les fréquente de près par l’intermédiaire des communautés sur Facebook. Je fais ainsi de belles rencontres tant parmi les auteurs que parmi les lecteurs.

 

À l’inverse, qu’est-ce qui est le plus dur pour toi ?

Le plus dur pour moi, c’est toute la partie marketing et promotion. Écrire j’adore, me vendre est beaucoup plus compliqué. J’ai l’impression de me « prostituer » alors qu’en réalité, je suis plutôt dans l’idée d’échange et de partage. Je me plie à cet exercice avec ardeur, car la fin justifie les moyens et j’ai besoin des lecteurs et des blogueurs pour apprécier mon travail et me faire progresser.

 

Quel type de lecteur es-tu ?

Cela dépend du temps que je peux consacrer à la lecture. Si je suis mordue, je dévore d’une traite, je prends des notes et je relis volontiers. Sinon je lis de tout sauf de la SF, de l’érotique et de l’horreur. Quoique sur ce dernier genre, j’ai découvert Stephen King dans Dolorès Clairborne et j’ai adoré.

 

Dans ce numéro 5 de L’Indé Panda, tu nous présentes ton roman Une Bouteille à la Mère – Chronique d’un message oublié, peux-tu me raconter ce qui t’a inspirée ?

J’ai longtemps eu l’intuition d’un secret autour de l’existence et de la disparition de ma grand-mère maternelle, dont on m’avait caché, enfant, l’existence. Il s’agissait d’imaginer une héroïne de papier tourmentée par une amnésie collective familiale, née autour de cette grand-mère disparue, qui se lance dans une quête. La quête de toute une vie : incontournable, irrésistible, indispensable pour savoir d’où elle vient et rompre une transmission invisible sur plusieurs générations de femmes. Cette héroïne va prendre des chemins de traverse et remonter le temps pour tenter découvrir ce que sa mère est incapable de lui révéler, tant la vérité est cruelle.

 

Pour finir, L’Indé Panda, c’est quoi pour toi ?

Pour moi, L’Indé Panda est une tribune pour auteurs indépendants qui leur permet de faire connaître leur plume. C’est aussi l’occasion pour les lecteurs de découvrir une variété de styles et de genres en un seul lieu. C’est assez rare pour être relevé. J’ai d’abord découvert le second numéro et je me suis habituée à le lire avec régularité. Ma seconde participation aura été la bonne et j’en suis très fière et très heureuse.

 

Et la question bonus posée par Charlie Celine sur notre page Facebook : « En lisant la nouvelle, je voyais les images défiler. T’es-tu inspirée de documentaires sur cette période ? »

Je me suis inspirée d’un livre album très complet sur les soldats prisonniers dans l’Allemagne durant la Seconde Guerre mondiale. Les images, je les avais en tête et celles de l’album étaient particulièrement parlantes, sans compter les différentes explications et les écrits des prisonniers sur leurs ressentis durant cette période ; je suis ravie que la nouvelle ait restitué ces morceaux de vie comme des scènes auxquelles on assiste.

 

Vous pouvez retrouver Isabelle sur sa page auteure.

Une drôle de faim est disponible dans L’Indé Panda n°5.

Découvrez Une Bouteille à la Mère – Chronique d’un message oublié sur Amazon.

 

Une bouteille à la mère - Isabelle Piraux

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