Actualités

Interview Céline Saint Charle #3

Céline Saint Charle ayant déjà répondu à une « interview classique » et à un « portrait chinois », nous lui posons quelques questions sur ses lectures. Merci à elle.

 

 

– Quel est le livre qui t’a le plus effrayée ?

Je suis une grosse consommatrice de littérature effrayante : thrillers gore, horreur version Stephen King plus jeune, histoires de zombies… Pourtant, même si j’adore lire ces livres, ce n’est pas dans ces catégories que se situe celui qui m’a le plus fichu les jetons.  C’est Une fille comme les autres de Jack Ketchum. Ce bouquin m’a retourné les tripes et donné des cauchemars pendant des semaines (et j’y pense encore régulièrement). Sans doute en raison de la description de la facilité avec laquelle n’importe qui peut glisser vers la cruauté et le sadisme.

Rien que d’en parler, j’en frissonne.

 

– Le livre qui t’a fait pleurer ?

J’ai la larme facile devant un film ou une vidéo, mais bizarrement pas en lisant. Mon souvenir le plus net de grosses larmes en lisant remonte à l’enfance, avec Reste avec nous petite sœur d’Aili Konttinen, dans la collection Rouge et Or. C’est l’histoire d’une petite finlandaise de deux ans confiée à une famille suédoise pendant la seconde guerre mondiale, et qui rentre chez elle une fois la paix revenue. Elle a oublié sa famille, sa langue, ses coutumes… Un livre magnifique, que j’ai encore (oui, je suis une dingue, j’ai conservé la totalité de mes lectures d’enfance).

 

– Quel livre ou auteur t’a donné l’envie d’écrire ?

Quand j’étais môme, je dévorais tout ce qui me tombait sous la main. J’ai vite fini par tourner en rond, je réclamais toujours plus. Après avoir englouti tout Fantômette, Alice, Club des cinq et compagnie, mon père m’a collé entre les mains Les contes de la bécasse de Maupassant. J’avais neuf ans. Le choc. Je pense que ma vocation et mon amour de la nouvelle viennent de là.

Merci papa.

 

– Ton livre de chevet ?

Il change tous les deux jours environ !

Je n’ai pas de livre qui traîne en permanence et dont je relis des passages. Je ne sais pas faire. Quand je lis un livre, c’est de la première à la dernière page, ou pas du tout.

 

– Le livre que tu as le plus lu, relu et re-relu ?

Il y en a deux ex-æquo : Le fléau de Stephen King et Le monde selon Garp de John Irving. Je pense que je les ai lus une bonne douzaine de fois chacun. Et je compte bien les relire encore et encore.  Mes deux auteurs fétiches !

À la fac, j’ai voulu faire mon mémoire de maîtrise sur Stephen King et sa vision de l’Amérique profonde, en comparaison avec Charles Dickens. On m’a ri au nez. Un peu trop vivant et plein de succès, ça n’est pas compatible avec l’université, on les préfère morts et pauvres… Même discours pour Irving. Je me suis rabattue sur Tennessee Williams. Sulfureux, mais ayant le bon goût d’avoir passé l’arme à gauche.

C’était en 1989, je ne l’ai toujours pas digéré !

 

– Si tu ne devais en garder qu’un seul ?

Si la question est dans l’optique de ma maison qui prend feu et que je n’aie le temps de sortir qu’un seul livre, c’est triste, mais je cramerais ! Impossible de me décider.

Mais, en y réfléchissant, la plupart de mes livres « adultes » sont encore facilement trouvables, donc remplaçables. J’opterais sans doute pour un de mes trésors d’enfance : Reste avec nous petite sœur cité plus haut, Mamou  de Mary Pratchett, Amadou le bouquillon de Charles Vildrac, ou Little Nemo. Des titres que je ne suis pas certaine de retrouver un jour dans le commerce.

Si la question signifie que je n’aie plus le droit qu’à lire un seul livre jusqu’à la fin de mes jours, j’opte pour un pavé écrit petit (pour augmenter le nombre de mots à ma disposition). Peut-être City of Mirrors de Justin Cronin, même si c’est le troisième tome d’une trilogie. Ou mon Harrap’s du XIXe, déniché en brocante.

 

– Et le livre ou l’auteur que tu n’as pas supporté ?

Pendant mes études d’anglais, j’ai eu à travailler sur Portrait of the artist as a young man de James Joyce. Quelle torture ! Je n’ai jamais réussi à entrer dedans, malgré plusieurs tentatives. Je m’endormais toutes les deux pages. Ma mémoire a pudiquement effacé la note obtenue au partiel, mais elle n’était pas fameuse, c’est certain.

Ce serait ma définition de l’enfer : vivre éternellement en n’ayant que ce bouquin à me mettre sous les yeux.

 

Merci Céline. Nous allons finir par quelques questions concernant tes écrits découverts dans ce numéro :

Tu as été sélectionnée pour ce cinquième numéro avec ta nouvelle Légende moderne, quelle est sa genèse ?

Difficile de répondre sans spoiler l’histoire. Disons juste que j’étais dans la salle d’attente d’un médecin, et qu’un autre patient ne cessait d’ouvrir et fermer un feutre, en produisant un petit clic très énervant. Mon imagination a pris le relais…

3 Saint charle

 

Tu nous présentes ton conte Christmas Pudding, peux-tu nous raconter ce qui t’a inspirée ?

Je cherchais une idée de conte de Noël et j’en discutais à table avec ma famille. L’un de mes fils m’a proposé un squelette d’histoire qui m’a plu : un enfant qui dépose des cartes de vœux au hasard dans les boîtes aux lettres et permet d’éviter une tragédie. J’y ai réfléchi quelques jours et je me suis lancée. L’histoire finale a beaucoup dévié de l’idée originelle, mais elle n’aurait pas vu le jour sans lui.

 

 

Retrouvez Céline Saint-Charle sur Facebook.

Légende moderne est disponible dans L’Indé Panda n°5.

Découvrez Christmas Pudding sur son site.

 

Christmas pudding - Céline Saint Charle

Publicités

2 réflexions au sujet de « Interview Céline Saint Charle #3 »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s