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Interview Zia Odet

Zia a accepté de répondre à quelques questions, merci à elle !

 

Tu as été sélectionnée pour ce cinquième numéro avec ta nouvelle 1918, la dernière lettre, peux-tu expliquer sa genèse ?

L’été dernier, je souhaitais écrire une nouvelle historique. Comme j’avais projeté une visite à Verdun pendant mes vacances, j’ai choisi de situer mon récit pendant la première guerre mondiale. Je voulais évoquer les combats dans les tranchées, mais aussi la vie dans les villages, où l’on attendait avec angoisse des nouvelles des hommes partis au front. Ceux qui en revenaient étaient mutilés, comme Auguste, ou physiquement indemnes, comme Jean. Mais tous étaient traumatisés, meurtris par des blessures invisibles. Je souhaitais leur rendre hommage.

2 Odet

 

Plus à l’aise dans un registre particulier ? De quoi aimes-tu parler dans tes histoires ?

Ayant longtemps écrit dans un journal intime, j’aime disséquer les pensées et émotions des personnages, leurs relations, les difficultés de communication, les sentiments qui naissent, grandissent et meurent.

 

Quand et comment as-tu commencé à écrire ? Te rappelles-tu ta première histoire ?

Mon tout premier récit s’appelait Le Roman (avec une majuscule, s’il vous plaît). Il a été composé à quatre mains avec ma meilleure amie sur les machines à écrire du collège, après les cours de dactylographie. Nous nous sommes usé les doigts sur les touches mécaniques mais nous avons réussi à aller au bout de notre projet. Ce fut un vrai bonheur d’écrire le mot FIN. Nous avions douze ans. Je garde précieusement le tapuscrit original dont les feuillets jaunis ont un charme rétro, avec les lettres baveuses et les traces de correcteur liquide de l’époque.

C’est l’histoire d’un groupe de collégiens. Touchés par un orage alors qu’ils discutaient assis dans l’herbe, ils perdent connaissance. Lorsqu’ils se réveillent, ils s’aperçoivent qu’ils sont seuls, avec trois de leurs professeurs. Le collège est vide, les rues sont désertes, tout le monde semble avoir disparu. Dans un bus arrivé là comme par magie, ils sillonnent la France pour tenter de comprendre ce qui s’est produit. Lors d’une scène mémorable, nos jeunes héros, en quête de nourriture, pillent les cuisines de l’Élysée. Nous avions dressé la liste complète de tous les aliments qu’ils y récoltaient !

 

Quel est ton rythme d’écriture ?

C’est variable, selon mes projets en cours et mes obligations familiales, personnelles et professionnelles. Pendant mes congés, il m’arrive de passer une semaine entière à écrire ou travailler sur mes textes. À l’inverse, je peux rester quelques jours sans toucher un clavier (quelques jours seulement ; ensuite l’écriture me manque).

 

Comment construis-tu ton travail ?

À partir d’une idée, d’une envie, d’un personnage, je m’imagine une première scène, ou une première strophe s’il s’agit d’un poème. Je l’écris. Puis je laisse le fil se dérouler, les mots apparaître devant mes yeux (j’ai la chance de taper au clavier aussi vite que je réfléchis). Les scènes se construisent, les personnages prennent forme peu à peu, comme sous les doigts d’un artiste qui sculpte la glaise. Quand j’en ressens le besoin, je prends du recul : je bâtis un plan, je relie tous les éléments que j’ai déjà créés et je choisis la fin de l’intrigue. Je ne sais jamais au départ où je vais arriver. Je me laisse guider par les personnages et les situations.

 

Plutôt nouvelle ou roman ?

Les deux. J’aime écrire des textes courts (nouvelles, poésies, fables, articles de blog). Ils sont une respiration entre deux phases de conception d’un roman.

 

Pourquoi être indépendant ?

Publier est l’aboutissement de longs mois de travail, la mise au monde d’une part de soi, la naissance d’une œuvre. L’autoédition permet de gérer toutes les étapes, à son rythme, en toute liberté.

 

Qu’est-ce qui te plaît le plus dans ce statut ?

J’apprécie la créativité, la polyvalence et les contacts liés au statut d’indépendant.

La créativité, c’est la liberté d’écrire ce que l’on souhaite, sans contrainte.

J’aime la polyvalence, car elle est source d’apprentissage : il faut sans cesse se remettre en question et s’intéresser à tous les aspects de l’écriture et de l’édition.

Enfin, je trouve que l’autoédition est source de contacts riches et variés. Par le biais de mon blog et des réseaux sociaux, je peux entrer directement en relation avec les lecteurs pour échanger sur mes textes, connaître leur perception de l’histoire, expliquer sa genèse… Je rencontre également d’autres auteurs avec lesquels j’échange textes et conseils. C’est passionnant !

 

À l’inverse, qu’est-ce qui est le plus dur pour toi ?

Les aspects techniques et réglementaires ne sont pas faciles à appréhender au départ. Il faut se former. Mais l’entraide entre auteurs indépendants permet de progresser très vite.

 

Quel type de lecteur es-tu ?

Un lecteur avide de découvertes. Je lis environ cinquante livres par an, mais j’aimerais en dévorer bien davantage. Le temps me manque. Je dois parfois choisir entre lire et écrire… et c’est un terrible dilemme !

Mes lectures sont variées, avec une préférence pour le roman contemporain et le roman historique. J’apprécie un livre quand il me permet de réfléchir, d’apprendre, de découvrir un univers que je connaissais peu ou mal. Lorsqu’un auteur me plaît, j’explore sa bibliographie et je lis plusieurs de ses œuvres (Émile Zola, Robert Merle, Karen Maitland, Philippe Claudel, Martin Winckler, Jean-Claude Mourlevat, Michel Bussi…). Depuis l’an dernier, je lis également des auteurs indépendants et j’écris des chroniques de lecture sur mon blog pour les aider à promouvoir leurs romans (Bouffanges, Elisa Sebbel, Cathy Borie, Lynda Guillemaud…).

 

Dans ce numéro 5 de L’Indé Panda, tu nous renvoies vers ton blog Zia de A à Z, qu’y trouve-t-on ?

C’est un blog de lecture-écriture. J’y publie des chroniques de lecture, des textes courts, des fables, des poèmes, quelques conseils pour les écrivains en herbe… Ainsi que des articles sur l’aventure de mon roman La douce amertume du café que j’espère publier prochainement.

 

Pour finir, L’Indé Panda, c’est quoi pour toi ?

En tant que lectrice, ce sont de formidables moments de lecture gratuite, avec des textes variés, de grande qualité. Pour les auteurs, c’est une belle initiative qui permet d’écrire des nouvelles originales. En offrant à chaque auteur sélectionné un espace pour promouvoir ses textes autoédités, L’Indé Panda est devenu une fenêtre ouverte sur le monde des indépendants. Je tiens à remercier les bénévoles qui ont créé et qui font vivre ce superbe trait d’union entre les auteurs et leurs lecteurs.

 

Retrouvez Zia Odet sur son blog .

1918, la dernière lettre est disponible dans L’Indé Panda 5.

 Blog_ziaaz

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