Actualités·Interview

Interview Nicolas Chevolleau #3

Nicolas Chevolleau ayant déjà répondu à une interview « classique »   et à un « portrait chinois », nous lui posons quelques questions sur ses lectures. Merci à lui.

 

 

– Quel est le livre qui t’a le plus effrayé ?

Jane Eyre. La folie de l’épouse de Monsieur Rochester m’a longtemps marqué dans l’enfance. À la même époque, j’avais visité le château en ruines de Gilles de Rais à Tiffauges. Autant dire que j’ai eu ma dose de terreur pour un moment.

 

– Le livre qui t’a fait pleurer ?

Un passage de Racines me vient à l’esprit. Après avoir retracé l’histoire de sa famille entre esclavage et émancipation, Alex Haley retrouve, sur un quai d’Annapolis, l’endroit exact où son aïeul Kunta Kinté est arrivé d’Afrique deux siècles auparavant. C’est un beau passage où l’océan et les larmes se fondent dans une même émotion.

 

– Quel livre ou auteur t’a donné l’envie d’écrire ?

Boris Vian, pour sa littérature, sa musique et son art de vivre. Sa découverte au lycée m’a invité à regarder la vie sous un angle surréaliste.

 

– Ton livre de chevet ?

Aurélien, d’Aragon. Le 25ème chapitre. Plus précisément, le dernier mot de la dernière phrase du 25ème chapitre. Un mot de chevet, en somme…

 

– Le livre que tu as le plus lu, relu et re-relu ?

Joker sur le livre, bien qu’il soit adapté d’une œuvre de Pagnol. La version cinéma de Jean de Florette par Claude Berri, suivie de Manon des Sources. Impossible de passer un semestre sans revoir ce film. Sous son accent provençal, la narration emprunte au mythe antique. Il y a le secret familial, l’esprit malfaisant du patriarche, la nébuleuse d’un village soumis au silence, l’amour impossible entre une Belle et une Bête. Et la pluie, toujours, qui se fait cruellement attendre.

 

– Si tu ne devais en garder qu’un seul ?

Les carnets de guerre d’André Mare, ouvrage documentaire qui retrace la vie de ce peintre enrôlé dans une compagnie de camouflage en 1914. Sous l’influence du conflit, ses aquarelles de soldats marquent une évolution de style du réalisme vers le cubisme. Somptueux !

 

– Et le livre ou l’auteur que tu n’as pas supporté ?

Comment le savoir ? Chez moi, les bons souvenirs l’emportent toujours sur le reste.

 

Merci Nicolas. Nous allons finir par quelques questions concernant tes écrits découverts dans ce numéro :

Tu as été sélectionné pour ce quatrième numéro avec ta nouvelle Fleur des pois, saison 73, quelle est sa genèse ?

En travaillant sur la projection d’un film documentaire, j’ai découvert l’œuvre de Niki de Saint Phalle. Ses « Nanas », sculptures de femmes girondes et heureuses, respirent la joie de vivre. « Hon » représente une femme monumentale de 23 mètres de long dont les visiteurs peuvent même visiter l’intérieur dédié à l’art et au ludique.

nanas pour l'avant dernière question N. C.

En découvrant cette sculpture, l’image de ma mère m’est apparue comme une invitation au rebours à effectuer vers l’origine du monde. J’ai alors découvert cette expression « Fleur des pois » tombée dans l’oubli dont j’adore la poésie. Et zou, voilà ma chère Maman devenue l’héroïne de cette drôle d’épopée. Ce que l’intéressée a elle-même commenté après l’avoir lue : « Eh bien, tu m’en fais vivre des aventures ! »

 

Nicolas Chevolleau - Fleur des pois, saison 73 

 

Tu nous présentes ton roman L’arbre de Bréda : le petit livre qui fait aimer les bibliothèques, la généalogie et les jeunes femmes en robe vintage, peux-tu nous raconter une anecdote concernant un de tes personnages, un lieu, ton roman en lui-même… ?

Tout auteur rêve de donner à ses mots la forme d’un livre. Après avoir réalisé une couverture pour mon édition numérique – un camée féminin sur fond de carte IGN –, je suis tombé amoureux d’un cliché de Thomas Allen. Ce photographe américain est connu pour ses pop-up drôles et poétiques à partir de magazines pulp des années cinquante. Avec l’image de cette jeune femme soumise au vertige des livres, je ne pouvais rêver meilleure inspiration pour illustrer mon Arbre de Bréda. Ni une ni deux, j’ai pris mon courage à deux mains et tenté ma chance auprès de cet artiste. Coup de chance, il a gentiment accepté que j’utilise son travail pour la couverture de l’édition papier. La boucle était bouclée, les mots pouvaient prendre leur envol.

 

Retrouvez Nicolas Chevolleau sur son site.

Fleur des pois, saison 73 est disponible dans L’Indé Panda no4.

Découvrez L’arbre de Bréda : le petit livre qui fait aimer les bibliothèques, la généalogie et les jeunes femmes en robe vintage sur Amazon.

 

couv arbre generale_01b

 

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