Actualités·Interview

Interview Bouffanges #3

Bouffanges ayant déjà répondu à une interview « classique » et à un « portrait chinois », nous lui posons quelques questions sur ses lectures. Merci à lui.

 

– Quel est le livre qui t’a le plus effrayé ?

Je lis peu de littérature effrayante, donc il m’est difficile de répondre. J’ai bien dû lire quelques Stephen King dans mon adolescence, mais à vrai dire, ça ne m’a pas plus marqué que cela. En revanche, j’ai lu quelques livres très réalistes, dont on ne peut pas vraiment dire qu’ils m’ont effrayé, mais plutôt horrifié. Je pense notamment aux Bienveillantes de Jonathan Littell, qui décrit comment un Allemand lambda se retrouve peu à peu amené aux pires atrocités durant la Seconde Guerre mondiale.

 

– Le livre qui t’a fait pleurer ?

Oh là ! J’ai la chougne facile, alors les livres qui m’ont fait pleurer se comptent par dizaines. Le premier à mon esprit est évidemment Oscar et la dame rose d’E.E. Schmitt, mais avant lui il y a eu Cyrano de Bergerac, et avant lui Le Petit Prince.

 

– Quel livre ou auteur t’a donné l’envie d’écrire ?

Mon envie d’écrire ne relève pas du mimétisme, mais d’une imagination débordante, qui m’a conduit très jeune à inventer plein d’histoires, puis à les mettre en mots.

Après, les auteurs que j’admire me donnent bizarrement plutôt envie d’arrêter d’écrire. Lire une nouvelle de Borges, un roman de Camus, un essai de Pierre Bayard, c’est autant de raisons de se sentir inutile.

 

– Ton livre de chevet ?

Sans nul doute, les Œuvres complètes de Borges, dans les éditions de La Pléiade. Bien que finalement assez réduite, la littérature de Borges me semble infinie, aux implications illimitées.

 

– Le livre que tu as le plus lu, relu et re-relu ?

Ben, le même. Je relis une nouvelle de Borges tous les 3 mois environ. En dehors de ce livre, je relis assez peu.

 

– Si tu ne devais en garder qu’un seul ?

Re-ben-le-même.

 

– Et le livre ou l’auteur que tu n’as pas supporté ?

Je supporte tout le monde. Les livres que je n’apprécie pas, je les referme, et ils trouvent d’autres lecteurs. Nul besoin de ressentir de haine. Cela étant, j’avoue détester le sabotage, et j’éprouve parfois de l’amertume envers certains auteurs qui ont prouvé l’étendue de leur talent et qui se mettent à produire de l’insipide à la chaîne.

 

Merci Bouffanges. Nous allons finir par quelques questions concernant tes écrits découverts dans ce numéro :

Tu as été sélectionné pour ce quatrième numéro avec ta nouvelle Les androïdes fantasment-ils d’orgasmes électriques ?, quelle est sa genèse ?

Je ne sais plus exactement. J’avais en tête une vague idée d’androïdes qui rendrait hommage à Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques de P.K. Dick. Et quand j’ai constaté que le numéro 5 sortirait presque en même temps que le nouveau Blade Runner, je me suis dit que c’était le moment de la mettre sur l’établi. Parallèlement, depuis les débuts de L’Indé Panda, je prends un plaisir certain à tenter des choses, à sortir de ma zone de confort, et j’adore notamment détourner la littérature de genre. Bien que souvent dénigrée, la littérature de genre offre un terreau fertile, pour peu que l’on prenne la peine de jouer avec ses outils. J’avais l’idée de me frotter à la littérature érotique, mais pour y trouver un intérêt il me fallait un enjeu. J’ai donc décidé de mêler les deux projets, et d’ajouter un défi : écrire une nouvelle érotique à la chute féministe.

Je ne sais pas si c’est vraiment réussi, mais j’ai bien rigolé, c’est toujours ça de pris.

Bouffanges - Les androïdes fantasment-ils d'orgasmes électriques

 

Tu nous présentes ton roman Rodden Eiland, peux-tu nous raconter ce qui t’a inspiré ?

Rodden Eiland est un peu dans la même idée que cette nouvelle : détourner la littérature de genre. Quoi de plus codifié que la robinsonnade ? Depuis Robinson Crusoe, jusqu’à Prisonniers du paradis, en passant par Sa Majesté des mouches ou Vendredi et la vie sauvage, on retrouve une structure narrative très commune, des enjeux très proches. J’ai essayé à mon humble niveau de renouveler certains aspects du genre.

Le point de départ est cette conviction qui m’habite depuis très petit : il n’est nulle réclusion qui m’effraie véritablement, pourvu que j’aie un stylo et du papier. On n’emprisonne jamais l’imagination.

 

 

Vous pouvez retrouver Bouffanges sur Facebook.

Les androïdes fantasment-ils d’orgasmes électriques ? est disponible dans L’Indé Panda no4.

Découvrez Rodden Eiland sur Amazon.

 

Rodden Eiland de Bouffanges

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