Actualités·Interview

Interview Valéry Bonneau #2

Valéry Bonneau ayant déjà répondu à une « interview classique », il va se prêter au jeu du portrait chinois. Merci à lui.

 

Si tu étais un style ou un genre littéraire ?

Le roman noir, quoi d’autre. Noir hein, pas policier, pas thriller, non noir. Le noir de Robin Cook, l’auteur de J’étais Dora Suarez ou Les mois d’avril sont meurtriers. Enfin, le noir n’est jamais que la tragédie grecque à l’heure des sociétés modernes.

 

Si tu étais un art ?

Le cinéma ? Je ne sais pas. J’écris des scénarios à côté des romans et nouvelles et le cinéma a bercé mon enfance et accompagne ma vieillesse. 🙂  Le cinéma donc, et le film noir en particulier, est l’un des arts qui m’ont fait le plus voyager, rêver, pleurer. Et puis dans le cinéma il y a de l’écriture, alors ça fait deux pour le prix d’un.

 

Si tu étais un livre ?

Sans hésiter heu ah ben non, mais c’est pas possible votre truc.

Si j’étais un livre, je serais une anthologie de milliers de livres, je vois que ça.

Mais bon, OK, si je devais n’être qu’UN livre ?

Non, je peux pas.

Je serais 100 ans de solitude, car lorsque ce livre touche, il touche l’âme, directement, sans filtre, sans passeur.

Je serais Cyrano, car il touche le cœur, à pleine main.

Et enfin, je serais Les misérables, car dans les misérables, il y a le genre humain.

 

Si tu étais une émotion ?

Le rire. C’est une émotion le rire ? Oui, alors je serais le rire.

 

Si tu étais un animal ?

Un kakapo, une espèce de grosse boule de 5 kilos, avec le QI d’une poule anémiée post AVC, qui se balade en faisant des bonds et en braillant. Cette absence de pudeur doit être très reposante.

Maintenant si vous voulez savoir comment ça se passe quand on se réincarne en chien et éprouver une émotion qui s’appelle le rire, j’ai écrit une nouvelle sur le sujet.

 

Si tu étais un végétal ?

Les plantes m’ennuient, la verdure m’étouffe.

Si faut vraiment choisir, une plante avec laquelle on fabrique de l’alcool. Qu’on s’embête pas trop.

 

Si tu étais un sens ?

La vue. Pas très original. Encore que pour trouver mes idées, lorsque je traine dans les bistrots, je me sers pas mal de l’ouïe.

 

Merci Valéry. Nous allons finir par quelques questions concernant tes écrits découverts dans ce numéro :

Tu as été sélectionné pour ce quatrième numéro avec ta nouvelle Le sourieur, peux-tu expliquer sa genèse ?

Rien de très gai ici. Le 13 novembre 2015, je suis à Pigalle, nous sortons d’un concert et alors qu’on s’apprête à boire un coup, texto, tweets. Deux potes sont bloqués au Bataclan. Je rentre à pied, passe par des zones de guerre. Bon…

Et je reste près de trois semaines sans écrire une ligne. Alors que j’écris TOUS les jours.

Mais je ne peux pas écrire sur le drame.

Je ne veux pas tenter de me faire de la pub sur l’évènement.

Et mon cerveau refuse de se projeter dans l’écriture sur quelque autre sujet que ce soit.

Et puis le hasard, la synchronicité et la sérendipité plutôt, font que je suis dans ce métro, où les évènements pèsent toujours. Et il y a ce monsieur qui entre et qui parle effectivement trop fort.

Et qui sourit.

Je lui dois une fière chandelle, car cette nouvelle parle du vivre ensemble, et sans cela que sommes-nous sinon des barbares.

J’ai inventé le reste mais le sourire de ce monsieur m’a marqué, m’a libéré et depuis je continue à écrire tous les jours.

Valery Bonneau - Le sourieur

 

Tu nous présentes ton recueil Nouvelles Noires pour se Rire du Désespoir : Le goût de la vie, peux-tu nous raconter ce qui t’a inspiré ?

Si je vous dis que tout m’inspire, c’est pas très original. Mais comme il y a plein de nouvelles, les sources d’inspiration sont diverses. Disons que je note, au moins une idée par jour, tous les jours. Sur tout, n’importe quoi, et après, quand je décide d’écrire une nouvelle, je parcours ma liste. Parfois il y a juste un mot ou deux comme pour Des vrais jumeaux, j’avais écrit « Deux jumeaux se mangent ??? », ou pour Le brouillon, « type tellement laid on croit que c’est un brouillon » ou pour Le sourieur, « Vieux monsieur dans le métro ». Parfois je détaille plus mais c’est assez rare. C’est une gymnastique intéressante, qui augmente la créativité. Ma source numéro un d’inspiration, hormis les livres et le cinéma : les gens autour de moi dans les bistrots.

Encore merci à toute l’équipe.

 

Vous pouvez retrouver Valéry Bonneau sur son site.

Le sourieur est disponible dans L’Indé Panda no4.

Découvrez Nouvelles Noires pour se rire du désespoir : le goût de la vie sur Amazon.

Le goût de la vie de Valéry Bonneau

 

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