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Interview S A I D

C’est S A I D qui ouvre le bal des interviews pour ce troisième numéro de L’Indé Panda ! Merci à lui !

Tu as été sélectionné pour ce troisième numéro avec ta nouvelle « Éternicide », peux-tu expliquer sa genèse ?

On entend parfois les gens dire qu’ils aimeraient qu’un instant dure toujours. Pendant l’été 2015, j’ai vécu un de ces moments précieux, et je me suis demandé ce que donnerait un monde où il serait possible d’en arriver là, de stopper net sa vie en échange du maintien de ce sentiment de bonheur. L’idée d’« Éternicide » venait de germer dans mon esprit.

S A I D

Plus à l’aise dans un registre particulier ? De quoi aimes-tu parler dans tes histoires ?

J’aime parler des gens. De ce qu’un changement dans le quotidien, idéologique ou technologique, pourrait changer dans notre façon d’appréhender la vie, la mort, nos relations… Je m’inscris volontiers dans le registre de la science-fiction, au sens le plus large qui soit : celui du changement technologique qui amène les gens à penser, à agir différemment. Mais les idées qui viennent ne respectent pas scrupuleusement ce cadre, et tant mieux. Ma première nouvelle, Quatre moi en mer, ou plus récemment Hamoc ne respectent pas du tout cette idée première. Mais à leur façon, elles remettent en cause la réalité et notre vision de l’existence, quand elle se fait trouble ou qu’elle est mise en danger.

 

Quand et comment as-tu commencé à écrire ? Te rappelles-tu ta première histoire ?

 Mon plus ancien souvenir d’écriture est un exercice collectif que nous avions réalisé à l’école primaire, quand je devais avoir neuf ans. Nous devions tous ensemble créer un livre objet qui serait exposé à la bibliothèque locale. Je me rappelle avoir adoré cet exercice et donné beaucoup d’idées. C’était une histoire de pirates cachant un trésor, qui s’avérait être l’histoire elle-même.

 

Quel est ton rythme d’écriture ?

Lent, malheureusement. Je n’ai pas de créneau, de moment particulier du jour ou de la semaine prévu pour l’écriture, ce qui faciliterait pourtant les choses, probablement. Mais j’espère parvenir à mieux organiser ce temps, et pouvoir publier un peu plus.

 

Comment construis-tu ton travail ?

Cela dépend. En principe, j’essaie d’imaginer un contexte original. Et à l’intérieur de ce contexte, de ce monde différent, j’incorpore des personnages dont l’existence personnelle est troublée par cet environnement. Mais parfois, ce n’est pas si simple. Il arrive qu’on imagine une scène hors de tout contexte, qu’on trouve géniale, et qu’il faille seulement trouver une histoire à construire autour.

Pour les nouvelles, j’écris sans plan. Mais la science-fiction impose de devoir au préalable se mettre au clair avec le contexte choisi. Décrire des actions hors de nos habitudes quotidiennes demande de la réflexion, et de la rigueur pour qu’au final tout se tienne et semble crédible.

 

Plutôt nouvelle ou roman ?

Plutôt nouvelle. J’aime la force et l’intensité des textes courts. Il faut arriver à raconter son histoire sans tourner autour du pot, en tout cas pas plus que nécessaire. Et puis, quand on a peu de temps pour écrire, la nouvelle apporte quelque chose de satisfaisant, puisqu’on peut régulièrement se changer les idées, passer à autre chose. Je trouve aussi que c’est un excellent moyen de découvrir un auteur.

 

Pourquoi être indépendant ?

Je suis devenu indépendant pour plusieurs raisons. J’en avais assez d’écrire des nouvelles que personne, ou presque, ne lisait. Et je ne suis pas parvenu à faire publier mon roman « Post Mortem, Inc. » par le biais classique. Mais je voulais raconter ces histoires, les partager. La voie de l’indépendance est devenue une évidence. Ainsi que celle de la gratuité.

 

Qu’est-ce qui te plaît le plus dans ce statut ?

Pouvoir diffuser des formats difficilement publiables par le biais classique, comme la nouvelle. Pouvoir être lu gratuitement. Pouvoir choisir et concevoir mes couvertures. Avoir des retours assez directs des lecteurs… On garde une certaine maîtrise de l’objet dans son ensemble, et c’est très plaisant.

 

À l’inverse, qu’est-ce qui est le plus dur pour toi ?

Le revers de la médaille, c’est de devoir passer beaucoup de temps à faire autre chose qu’écrire. Préparer son texte à la conversion, gérer son site, ses tweets… Tout ce qui fait qu’on peut être suffisamment « connu » pour avoir des lecteurs autrement que par hasard.

 

Quel type de lecteur es-tu ?

J’achète plus de livres que je n’en lis. Surtout de la science-fiction, mais pas seulement. De temps en temps, je télécharge une nouvelle d’un auteur du web, et la lis, comme j’espère que de plus en plus de gens le feront. J’aime découvrir un auteur en commençant par ses nouvelles, je trouve que cela en donne un très bon aperçu.

 

Dans ce numéro 3 de L’Indé Panda, tu nous présentes ton roman « Post Mortem, Inc », peux-tu me raconter ce qui t’a inspiré ?

Au départ, « Post Mortem, Inc. » est une nouvelle, que j’ai écrite à l’âge de 16 ans. C’était le début des réseaux sociaux, on commençait à entendre parler des futures tablettes… J’ai essayé de m’interroger sur ce que le numérique pouvait changer à notre rapport à la mort. Le sujet était passionnant, et dépassait largement le cadre d’une nouvelle. J’ai décidé d’en faire un roman, que j’ai écrit, et réécrit plusieurs fois… J’ai fini par décider de le publier en sept parties, gratuitement, comme mes nouvelles. Je trouve qu’on voit que c’est un premier roman, antérieur à mes autres textes… Mais cela lui donne une fraîcheur, des défauts, mais aussi des qualités, comme un premier album.

 

Pour finir, L’Indé Panda, c’est quoi pour toi ?

L’Indé Panda, c’est l’opportunité pour les auteurs indépendants d’être lus hors de leur cercle habituel. De découvrir d’autres auteurs aussi. J’espère également que cette initiative permettra de faire lire de l’autopublication à un public qui n’y est pas forcément habitué, et qui n’ose pas encore rechercher de nouveaux auteurs par lui-même.

Question bonus posée par notre lectrice Charlie Celine sur notre page Facebook : « J’imagine très bien cette histoire en épisode de la série Black Mirror ? Que dirais-tu de la faire traduire et de la proposer aux scénaristes ? »

Il se trouve que j’ai découvert cette série il n’y a pas longtemps, et que j’ai à plusieurs reprises déjà trouvé des similitudes avec certaines idées traitées dans mes textes. Du coup, je n’ai pas pu m’empêcher de sourire en lisant cette question. Je n’ai pas pensé à aller jusque là, non. Ces gens doivent recevoir des dizaines de propositions, et je ne saurais même pas à qui m’adresser. En revanche, j’ai plusieurs fois entamé la traduction anglaise de mes nouvelles… J’ai malheureusement toujours abandonné jusqu’à présent. Mais un jour, peut-être, y parviendrai-je.

Merci à tout le monde pour ces jolis commentaires qui ne me donnent qu’une envie : écrire.

 

Vous pouvez retrouver SAID sur son site.

“Éternicide” est disponible dans  L’Indé Panda no3.  

Découvrez « Post Mortem Inc » sur son site.

post mortem inc SAID

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