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Interview Cindy Costes

Au tour de Cindy Costes de répondre à nos questions et clôturer cette seconde session d’interviews.
Merci à elle.

Tu as été sélectionnée pour ce second numéro avec ta nouvelle « Le Voyage », peux-tu expliquer sa genèse ?

Cette nouvelle était en projet depuis longtemps. Il me semble que tout était parti d’une discussion sur les voyages. La première chose qui vient à l’esprit, c’est l’évasion, les vacances. Mais il y a d’autres types de voyages…

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Si vous l’aviez raté, l’avant-goût de cette nouvelle 😉

 

Plus à l’aise dans un registre particulier ? De quoi aimes-tu parler dans tes histoires ?

J’aime m’attacher aux gens, aux émotions, aux ressentis. Ce qui fait que je suis plus à l’aise dans la littérature blanche, celle qui n’a pas de genre mais qui permet beaucoup de choses.

Quand et comment as-tu commencé à écrire ? Te rappelles-tu ta première histoire ?

J’ai commencé à écrire à l’école primaire. Je ne me rappelle plus de ma première histoire (et je n’ai rien gardé à mon grand désespoir), mais une me tenait particulièrement à cœur, l’histoire d’une patineuse. Déjà une tranche de vie.
J’étais très réservée, les livres étaient mes meilleurs amis et je m’exprimais par le moyen que je connaissais le mieux : les histoires.
Une fille de mon école, Rebecca, qui adorait dessiner, s’occupait de donner un peu de relief et de couleur à mes cahiers remplis d’histoires. Une belle collaboration dont je garde un souvenir ému.
Puis, arrivée au collège, j’ai arrêté d’écrire sans que ça me manque avant de reprendre momentanément à l’arrivée de mes enfants, des petites histoires, pour eux.
De nouveau, je me suis arrêtée plusieurs années jusqu’à ce que je sois  poussée par une collègue à laquelle je racontais toutes mes idées. Depuis le Nanowrimo 2014 qui m’a boosté, je n’ai pas remis l’écriture de côté.

Quel est ton rythme d’écriture ?

Bien trop irrégulier, malheureusement. Je peux écrire régulièrement pendant un mois, puis ne rien écrire pendant trois semaines pour finalement travailler comme une acharnée dix heures en une journée.
J’ai bien conscience que c’est une faiblesse que j’essaie de corriger, pour progresser, rien de tel que la régularité. Avec un emploi du temps bien rempli, mon tempérament procrastinateur et d’autres priorités, il n’est pas évident de lui trouver une place quotidienne d’autant que j’ai besoin d’un petit temps de « chauffe »  pour être efficace. Ma régularité s’améliore depuis que j’ai découvert Scribbook qui me permet d’écrire également de mon canapé ou pendant ma pause au travail.

Comment construis-tu ton travail ?

J’ai souvent des idées qui me viennent. Ça peut venir d’une situation vue ou vécue, comme pour « C’est pour ton bien » ou quand mon esprit est disponible et « divague » (en marchant, conduisant ou nageant par exemple). Si l’idée me semble assez intéressante et qu’elle ne s’est pas évaporée, je la note dans un fichier. Juste l’essentiel, une ou deux phrases. Parfois, je développe un peu plus, mais je vais rarement plus loin qu’un court paragraphe.
Quand je suis prête à travailler dessus, je reprends mon idée, je la relis, j’y repense. Je laisse mijoter un peu sauf si ça m’empêche de dormir puis je prends des notes, je décompose les scènes grâce à la technique des post-it pour un roman.
Puis j’écris, un premier jet, sans me relire. Ce qui ne veut pas dire rapidement. Avec mon irrégularité, ça peut prendre deux ans !
Ensuite, je relis, réécris, corrige, encore et encore. Pour « Et Pourquoi Pas ? », j’en suis encore là.
Pour mes nouvelles, une fois cette étape terminée, je transmets à mes bêtas-lecteurs, et je recommence à corriger en fonction de leurs retours.
Jusqu’à ce que je me dise « Stop ! » car il faut bien arrêter un jour de réécrire.

Plutôt nouvelle ou roman ?

Question difficile. Il y a encore un an, j’aurais répondu « roman » sans hésiter (j’aurais peut-être même accompagné ma réponse d’un léger rire). Toutes les idées qui me venaient étaient pour des romans.
Maintenant, quand les idées surgissent, que je les développe un peu, la plupart sont pour des nouvelles.

Pourquoi être indépendante ?

L’indépendance était une évidence pour moi. J’ai découvert l’univers des indés en tant que lectrice et j’ai trouvé ça génial !
Matériellement, envoyer des manuscrits coûte cher (entre l’impression et les frais postaux, ça chiffre vite !). Ensuite, c’est loooong. Et si je peux traîner pour écrire, une fois que c’est fait, je ne suis plus aussi patiente…
Dernier point, primordial à mes yeux : la maîtrise. En tant qu’indé, je maîtrise tout de A à Z. Je choisis la couverture, le titre, la quatrième de couverture, la distribution. Pour le papier, je prévois de passer par l’impression à la demande, je n’envisage pas de laisser partir mon bébé au pilon.

Qu’est-ce qui te plaît le plus dans ce statut ?

L’entraide que j’ai découverte dans le monde des indés. Il y a beaucoup de conseils, parce qu’une fois notre histoire terminée, il y a encore du travail et là, on trouve toujours un autre indé qui s’est posé les mêmes questions que nous pour nous épauler. Je ne me sens jamais seule tout en apprenant continuellement, c’est hyper motivant !
Je me sens également plus proche des lecteurs, j’ai l’impression qu’ils ont moins « peur » de venir parler à une indé plutôt qu’à un auteur traditionnel, perçu comme moins abordable.

A l’inverse, qu’est-ce qui est le plus dur pour toi ?

Pour l’instant pas grand-chose !
On en reparlera quand je me mettrai à travailler l’impression papier et que je me plongerai dans les déclarations fiscales.

Quel type de lectrice es-tu ?

J’adore lire, je dévore ! J’ai toujours entre un et cinq romans entamés sinon, je me sens comme toute nue. Je ne sors pas de chez moi sans ma liseuse, on ne sait jamais !
Quand je lis, plus rien n’existe autour de moi. Mes poules sont ravies d’avoir régulièrement une casserole entière de repas qui a brûlé !
Dans ce numéro 2 de L’Indé Panda, tu nous présentes ta nouvelle « C’est pour ton bien », peux-tu me raconter un peu ce qui t’a inspiré ?

Un matin au travail, une collègue a tenu la jambe un bon quart d’heure à une autre collègue avec ses avis médicaux « pour son bien ». J’ai eu le temps d’assister à la réaction de la « malade » : écoute, gêne, agacement. L’après-midi, presque la même scène mais avec d’autres acteurs. Le pompon, moi qui l’ai dit le lendemain à une amie. « C’est pour ton bien » est une phrase qui est prononcée très souvent, mais même avec les meilleures intentions du monde, elle peut vite devenir toxique. Ma nouvelle était née.

Pour finir, L’Indé Panda, c’est quoi pour toi ?

Une sacrée aventure !
L’idée est excellente et je suis très fière de faire partie de vos auteurs, d’autant qu’il y a du beau monde aux sommaires !
De plus, si j’ai écrit « C’est pour ton bien » au début, c’était pour votre premier appel à textes. Sans vous, je ne me serais pas lancée dans ce format et ç’aurait été dommage, j’ai non seulement beaucoup appris en l’écrivant, mais j’ai aussi vécu des moments très intenses grâce aux retours des lecteurs. Merci !
 

Question bonus posée par notre lectrice, Isabelle Lyschan Ca, sur notre page Facebook : « Quel est ton processus d’écriture, plutôt morcelé un petit peu chaque jour ou de longues sessions d’écriture ? As-tu déjà le déroulement et la fin en tête quand tu écris, ou c’est au feeling ? »

Merci Isabelle pour ces questions. Mon rythme d’écriture est irrégulier. Je préfère écrire un peu chaque jour mais j’en ai rarement l’occasion ou l’énergie. Les longues sessions d’écriture sont plus rares, car j’en sors comme vidée ! Mais quelle sensation d’écrire pendant des heures, sans s’arrêter, presque comme en transe.
Je n’écris jamais au feeling, même une nouvelle très courte a déjà sa trame. J’ai déjà essayé et je bloque très vite, j’ai besoin de savoir où je vais. Bien sûr, parfois, mes personnages m’entraînent ailleurs et je revois mon plan initial mais il est toujours là.

 

Vous pouvez retrouver Cindy sur son blog.

“Le Voyage” est disponible dans L’Indé Panda n°2.

Découvrez “C’est pour ton bien” sur Amazon.

Cindy

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2 réflexions au sujet de « Interview Cindy Costes »

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