Actualités·Interview

Interview Hélène Ourgant

Au tour d’Hélène Ourgant de répondre à nos questions.
Merci à elle.

Tu as été sélectionnée pour ce second numéro avec ta nouvelle « Les vacances de Madame Michard », peux-tu expliquer sa genèse ?

J’ai écrit cette histoire dans le cadre d’un défi lancé sur Atramenta à l’issue duquel est paru un livre collectif : « Vacances de rêve ou d’enfer »
Je me suis inspirée du personnage principal de « L’élégance du hérisson » de Muriel Barbery, ma concierge est à l’opposé de celle du livre pour en faire une anti-héroïne. Il y a aussi une interaction avec un enfant, comme dans ce livre et l’histoire se passe aussi dans un milieu cossu.
J’ai eu beaucoup de plaisir à construire cette histoire.

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Si vous l’aviez raté, l’avant-goût de cette nouvelle 😉

Plus à l’aise dans un registre particulier ? De quoi aimes-tu parler dans tes histoires ?

Plus à l’aise dans les thèmes qui sont reliés au réel, au quotidien. Je prends parfois pour support un fait divers, une histoire vraie dont je tire une fiction toutefois aussi réaliste que possible dans son fonctionnement.
Il me faut du concret pour écrire. J’aime assez les thèmes psychologiques, sociétaux.
J’ai envie de susciter chez le lecteur à minima de l’empathie pour le ou les personnages, de réveiller les émotions ou que le lecteur s’identifie à l’histoire ou à un personnage. Dans mon livre « Clair obscur », une des histoires aborde l’alcoolisme et une lectrice a retrouvé dans cette histoire un vécu en rapport avec son père souffrant de la même maladie.

Quand et comment as-tu commencé à écrire ? Te rappelles-tu ta première histoire ?

J’ai commencé à écrire il y a fort longtemps. Du moins, j’ai commencé à trouver du plaisir à écrire en primaire. En CM1, nous devions écrire une « rédaction » une fois par semaine et c’était un véritable plaisir, un véritable jeu pour moi. D’autant que l’instituteur lisait souvent une de mes rédactions à la classe. Celle dont je me souviens et qui l’avait fait tant rire, c’était une parodie de Gargantua.
Depuis, je n’ai cessé d’écrire, un peu tout et n’importe quoi, dans des cahiers secrets.
J’ai eu des histoires qui dansaient dans ma tête pendant des années, mais j’avais renoncé à l’écriture, faute de temps et de « lectorat ».
Puis, sur internet, j’ai découvert et publié sur In Libro Veritas d’abord, ensuite, j’ai déménagé sur Atramenta quand ce site de publication gratuite a ouvert.
Là, ma première histoire publiée, c’était « L’été 1950 ».

Quel est ton rythme d’écriture ?

Je n’ai pas de rythme. J’écris quand l’envie me vient, surtout quand j’ai le temps et quand je suis dans de bonnes dispositions psychologiques. Ou alors, j’ai une idée et j’ai un besoin impérieux d’écrire.

Comment construis-tu ton travail ?

Je suis dans l’observation de mon environnement, dans l’observation de l’Autre. J’utilise aussi mes souvenirs, mes ressentis, mon vécu, celui des autres, pourquoi pas.
Je ne fais pas de plan. J’ai essayé, mais ça ne fonctionne pas. Souvent je démarre sur une phrase qui m’est venue comme ça, sans crier gare. Et l’histoire se déroule jusqu’à sa fin. Mais il me faut beaucoup de temps pour finaliser, je ne sais pas écrire sur un temps très court. Car je reviens sans cesse sur mes phrases, je recherche le mot qui correspondra le plus précisément à ce que je veux faire passer.
Sinon, je suis très motivée par les défis lancés sur Atramenta, j’en ai initié quelques-uns aussi.

Plutôt nouvelle ou roman ?

Plutôt nouvelles. J’aime lire des nouvelles, dans ce genre, j’ai lu Flaubert, Zola, Daudet, Maupassant, Balzac, Edgard Poe.
Donc, j’aime aussi écrire des nouvelles. C’est un format qui me convient.
Pour un roman, il me faudrait plus de disponibilité et sans doute bien d’autres choses.

Pourquoi être indépendante ?

Quand on rentre dans une librairie et qu’on voit les montagnes de livres d’auteurs connus, inconnus ou plus ou moins connus et combien seront vendus et combien partiront au pilon, c’est assez décourageant.
Ensuite, je n’ai pas de temps à consacrer à la promotion de mes livres, il faudrait déjà que je puisse participer à des salons littéraires, mais mon emploi du temps ne me le permet pas. Je n’ai jamais tenté de proposer un de mes livres à un éditeur à compte d’éditeur, parce que les nouvellistes n’ont pas la cote en France et mes nouvelles sont assez hétéroclites. Je ne rentre dans pas dans les « cases ».

Qu’est-ce qui te plaît le plus dans ce statut ?

Je suis heureuse d’avoir pu réaliser la moitié de mon rêve, écrire et être lue… et avoir encore envie d’écrire parce que je suis lue.

À l’inverse, qu’est-ce qui est le plus dur pour toi ?

Rien n’est dur, je suis satisfaite de ce qui m’arrive en publiant mes textes gratuitement ou en publiant des livres et des ebooks.
Adolescente, avec mon amie, mon alter ego, nous rêvions ensemble de devenir écrivains. C’est un rêve qui s’est réalisé partiellement, c’est déjà énorme.

Quel type de lectrice es-tu ? 

J’ai été longtemps une « lectueuse ». Je lisais énormément, tout, n’importe quoi (enfin, des romans), tout ce que j’avais envie de lire, tout ce qui me tombait sous la main.
Maintenant, je lis beaucoup moins à cause du manque de temps et aussi parce que mon travail provoque des difficultés d’attention, de ce fait, je ne peux lire que sur un temps court. J’aime beaucoup lire les auteurs d’Atramenta, je suis émerveillée des capacités et des qualités d’écriture de parfaits inconnus.

Dans ce numéro 2 de L’Indé Panda, tu nous présentes ton recueil de nouvelles « Clair obscur », peux-tu me raconter un peu ce qui t’a inspirée ?

J’ai eu envie de rassembler mes nouvelles qui me semblaient avoir des points communs.
En vérité, je publie en livre papier surtout pour laisser une sorte de trace pour mes enfants. Ils n’ont lu aucun de mes recueils pour l’instant, mais ils pourront toujours, un jour ou l’autre, en prendre un dans leur bibliothèque et lire toutes les histoires qui ont germé dans la tête de leur maman. Et comme ce ne sont pas de grands lecteurs, le format « Nouvelles » leur conviendra bien.

Pour finir, L’Indé Panda, c’est quoi pour toi ?

C’est un moyen de découvrir les talents d’autres auteurs, un moyen aussi de se faire connaître avec l’idée qu’un magasine sur le web sera diffusé plus largement et sera accessible à plus de monde et partout.

 

Question bonus posée par notre lectrice, Mor Khaan, sur notre page Facebook : « Si tu étais dans la position de Mme Michard, toi aussi tu en profiterais pour faire des méchancetés ? »

Je me suis bien amusée à faire-faire des choses à Mme Michard parce que c’est une fiction dans laquelle je pouvais me permettre d’imaginer des comportements asociaux. Mais dans la réalité, ce personnage n’a rien à voir avec moi. J’adore les animaux et il ne me viendrait jamais à l’idée de les maltraiter ou de faire du mal à qui que ce soit.

 

Vous pouvez retrouver Hélène sur sa page auteur Atramenta.

“Les vacances de Madame Michard” est disponible dans L’Indé Panda n°2.

Découvrez “Clair obscur” sur Amazon.

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