Actualités·Interview

Interview Alan Spade

Au tour d’Alan Spade de répondre à nos questions.
Merci à lui.

Tu as été sélectionné pour ce second numéro avec ta nouvelle « Le Vagabond », peux-tu expliquer sa genèse ?

Je suis parti d’un personnage que je voulais foncièrement rebelle et en marge. Quelqu’un de suffisamment à l’écart de la société pour en dévoiler les zones d’ombre avec un regard sans concession. Je me suis alors dit : pourquoi pas un homme jeune ayant eu de graves soucis familiaux et parti faire le djihad ? Quelqu’un dont on pourrait se dire qu’il est inexcusable, malgré tout en quête de rédemption. Il m’a ensuite fallu trouver un lieu, avant même de travailler sur l’histoire. Je voulais un lieu très particulier, et il me fallait un lieu où opèrent certains groupes djihadistes. En surfant sur le net, je suis tombé sur ce train, l’un des plus longs du monde et qui part de Nouadhibou en Mauritanie. Je me suis dit : pourquoi pas ? J’ai ensuite développé l’intrigue en ayant pour objectifs principaux de surprendre le lecteur, tout en bâtissant quelque chose de cohérent, documenté et vivant.

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Si vous l’aviez raté, l’avant-goût de cette nouvelle 😉

Plus à l’aise dans un registre particulier ? De quoi aimes-tu parler dans tes histoires ?

Je suis un peu plus à l’aise dans le domaine de la Science-Fiction et de la Fantasy que dans celui du thriller, ce dernier étant nouveau pour moi. Néanmoins, le thriller me permet d’exploiter ma curiosité d’ancien journaliste s’intéressant à l’actualité. Après, je dirais que j’ai sans doute plus de facilité à développer des intrigues que la personnalité des personnages, dans ce sens où développer des personnalités et des émotions force parfois à ausculter l’âme, en quelque sorte, ce qui peut avoir quelque chose de dérangeant et me fait en tout cas sortir de ma zone de confort. Mais c’est complètement indispensable, selon moi !

Quand et comment as-tu commencé à écrire ? Te rappelles-tu ta première histoire ?

Je me rappelle le titre d’une histoire que j’avais écrite en tant qu’ado, peut-être vers quinze ans, et dont j’ai bien évidemment complètement honte, Le prince des larmes, mais dont j’ai oublié les détails. J’ai aussi tenu un journal intime, j’ai développé un journal commentant des faits d’actualité que je vendais à mes proches, qui était parfois illustré par mon père, et j’ai aussi bénévolement traduit les règles avancées de Donjons & Dragons de l’anglais vers le français. Tout ça en tant qu’ado.

Quel est ton rythme d’écriture ?

Cela varie. Si je peux écrire 2000 mots par jour, je suis satisfait. Mais ce n’est pas du tout mon rythme actuel, qui est très irrégulier.

Comment construis-tu ton travail ?

Je construis mon travail sur une idée générale, avec certaines étapes, notamment la fin, et des scènes-clés qui ne me viennent pas forcément toutes au début. En fait, je conçois chaque chapitre comme une histoire à part entière, que j’essaie de faire évoluer de manière organique, en me fiant à ce que j’ai déjà écrit auparavant, mais aussi, en essayant d’écouter mes personnages. C’est souvent une très bonne surprise pour moi de me retrouver avec une scène totalement inattendue, mais cohérente, parce que je sais qu’il y a des chances que je surprenne le lecteur. J’aime cet aspect « aventure » de l’écriture, où l’auteur se cache des choses à lui-même pour ne donner aucun indice de la suite. J’essaie au maximum de montrer plutôt que d’expliquer (le fameux « show, don’t tell »). Le suspense ne doit pas se cantonner à l’intrigue, mais aussi à certaines facettes des personnages, qu’eux-mêmes peuvent se découvrir au fil des événements ou de leurs relations, et nous faire découvrir par la même occasion.

Plutôt nouvelle ou roman ?

Roman ! Bien que j’ai écrit davantage de nouvelles. En fait, ma méthode lorsque je débute un nouveau genre est de défricher le terrain en commençant par écrire des nouvelles, qui sont des histoires très exigeantes de par leur nature ramassée et concise. Mais je me plais davantage dans le roman, parce que j’aime l’espace.

Pourquoi être indépendant ?

Pour le contrôle, d’abord et avant tout. Contrôle de ses ventes, de sa couverture, de ses délais, de sa relecture/réécriture, de ses critères professionnels, de l’image que l’on projette. Et par-dessus tout de son destin, bien évidemment. Mes quelques aperçus du monde de l’édition m’ont fait penser que le respect accordé par les éditeurs aux auteurs n’était pas à la hauteur du minimum d’estime de moi-même nécessaire à ma survie. Et dans notre monde, le seul moyen d’évaluer le respect que vous accorde une profession de manière objective est de déterminer les rentrées pécuniaires non seulement ponctuelles, mais sur le long terme.

Qu’est-ce qui te plaît le plus dans ce statut ?

La liberté, bien sûr. Ne pas avoir de délais ni de corrections imposés. Le fait de se faire soi-même, au travers de ses ventes, le contact direct avec les lecteurs est extrêmement valorisant. Plus tout ce que j’ai dit plus haut à propos du contrôle.

A l’inverse, qu’est-ce qui est le plus dur pour toi ?

La multiplicité des tâches, en particulier avec la promotion. Il faut maîtriser plusieurs métiers en même temps, et je n’ai jamais été attiré par le marketing. Avec le temps, je m’aperçois malgré tout qu’il est possible d’y mettre du cœur, et d’en retirer du plaisir.

Quel type de lecteur es-tu ? 

Un lecteur-picoreur, mais surtout par la force des choses. Je picore du temps là où je peux, en lisant sur liseuse électronique souvent sur de très courtes périodes. Je picore aussi de nouvelles lectures d’auteurs indépendants quand l’occasion se présente, que je mêle à des lectures d’auteurs plus reconnus. J’essaie d’être ouvert sur des genres différents, bien qu’ayant une préférence pour les genres de l’imaginaire au sens large.

Dans ce numéro 2 de L’Indé Panda, tu nous présentes ton recueil de nouvelles « Le Vagabond et quatre autres thrillers », peux-tu me raconter un peu ce qui t’a inspiré ?

Le clin d’œil au Crime de l’Orient Express, d’Agatha Christie, avec le train partant de Nouadhibou, n’était pas pour me déplaire. J’ai aussi voulu retrouver le côté très coloré de l’Afrique, en essayant de replacer des images de ma mémoire, puisque j’ai vécu quatre ans en Côte d’Ivoire. Ce n’est pas le même pays que ceux parcourus par le vagabond, mais il y a des traits similaires entre pays, je pense. Il m’a semblé en l’écrivant ressentir une ambiance des années 40 ou 50, un peu comme dans le film Casablanca ou les romans de Chandler, bien que je n’ai pas volontairement essayé d’adhérer à ces modèles.

Pour finir, L’Indé Panda, c’est quoi pour toi ?

Une très belle idée et un beau collectif d’auteurs ! C’est le moyen de se retrouver, de se découvrir entre auteurs indés dans un espace collectif, ce qui est sympa. C’est aussi, bien sûr, un outil visant à accroître la visibilité des auteurs indépendants, à montrer au grand public que nous existons, et qu’il y a autre chose, en dehors des sentiers battus…

 

Question bonus posée par notre lecteur, Bouffanges, sur notre page Facebook : « Dans ta nouvelle, le train m’est apparu comme le carrefour de nombreuses cultures. Est ce que ce multiculturalisme est profondément ancré dans ton écriture ou sert simplement une nouvelle ponctuellement ? »

Très bonne remarque! Les voyages ayant marqué mon enfance, le multiculturalisme est en effet ancré dans mon écriture. Néanmoins, on ne le retrouve pas systématiquement dans mes nouvelles ou romans, en tout cas pas toujours de manière aussi explicite que dans cette nouvelle du Vagabond

 

Vous pouvez retrouver Alan sur sa page Facebook.

“Le Vagabond” est disponible dans L’Indé Panda n°2.

Découvrez “Le Vagabond et quatre autres thrillers” sur Amazon.

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