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Interview Balthazar Tropp

Au tour de Balthazar Tropp de répondre à nos questions.
Merci à lui.

Tu as été sélectionné pour ce premier numéro avec ta nouvelle « Crocodile », peux-tu expliquer sa genèse ?

Crocodile, c’est l’histoire de la solitude. Je pense qu’on ne s’y fait jamais vraiment, à la solitude. On l’aménage, on fait ce qu’on peut pour s’y sentir confortable et on réussit même parfois, comme Matisse, à se convaincre qu’elle est plaisante.

Le héros de Crocodile, c’est un type qui n’a doublement pas eu de chance. Non seulement il est effectivement seul, mais en plus il est persuadé qu’il le restera. Alors il peint, il travaille, il essaie désespérément d’oublier le gouffre sous ses pieds.

Des Crocodiles, j’en ai croisé pas mal, et je pense en être encore un peu un. Cette nouvelle, c’est pour eux. Pour ceux qui défendent leur dignité avec leurs plumes, leurs pinceaux et leurs poings.

 

Plus à l’aise dans un registre particulier ? De quoi aimes-tu parler dans tes histoires ?

Je n’ai pas vraiment de registre particulier. J’aime bien parler des marginaux, des originaux, des gens qui subissent la norme et qui cherchent autre chose.

 

Quand et comment as-tu commencé à écrire ? Te rappelles-tu ta première histoire ?

J’ai commencé à écrire a 12 ou 13 ans. C’était une histoire de clochard, ça me fascinait à l’époque les SDF. Je pensais que de tous les hommes c’était certainement eux les plus libres, eux dont la vie avait gardé qui ressemblait le plus à du romantisme. J’avais 13 ans hein…

 

Quel est ton rythme d’écriture ?

A l’époque ou je travaillais sur Biodégradable, j’arrivais à faire mes 500 mots par jour, 5 jours par semaine. Depuis j’ai un peu plus de mal, je suis assez régulier une fois que j’ai commencé quelque chose, mais il se passe parfois des semaines entre la fin d’un texte et le début d’un autre.

 

Comment construis-tu ton travail ?

Quand j’écris une nouvelle, je ne construis rien. C’est suffisamment court pour avoir l’ensemble de l’histoire devant les yeux, d’ailleurs, quand la nouvelle est prête, dans ma tête, je peux la résumer en deux, trois phrases.

Pour les romans, c’est plus compliqué. Biodégradable je l’avais découpé en chapitres, sous chapitres, avec des codes couleurs pour les groupes de personnage, enfin tout un bordel a tel point que le roman tenait entier sur un tableur A3. Je ne sais pas si je pousserai la construction si loin pour le prochain, j’aime continuer à inventer en écrivant, et quand le plan est trop précis je me sens esclave de ma propre histoire.

 

Plutôt nouvelle ou roman ?

Je me sens plus libre avec les nouvelles, surement parce que je n’attends rien d’elles, alors qu’avec les romans il y a la pression de la publication.

 

Pourquoi être indépendant ?

Dans mon cas, c’est plus un choix par défaut, je m’imaginais bien être publié par une maison d’édition.

 

Qu’est-ce qui te plaît le plus dans ce statut ?

Principalement le fait que je touche 30% du prix de vente.

 

A l’inverse, qu’est-ce qui est le plus dur pour toi ?

Tout le reste, devoir corriger, mettre en page, se vendre, grapiller des likes et des commentaires.

Pour Biodégradable par exemple, j’ai créé une espèce de maison d’édition factice, les Editions du vent qui vient, et ça m’a pris un temps incroyable alors que c’est pas forcément mon délire.

 

Quel type de lecteur es-tu ?

Je lis des essais, des romans, énormément de choses sur internet.

 

Dans ce numéro 1 de L’Indé Panda, tu nous présentes ton roman « Biodégradable », peux-tu me raconter un peu ce qui t’a inspiré ?

En dehors de la partie politique, Biodégradable c’est ma jeunesse à Nice. Comme le héros, j’ai trouvé brutalement une famille qui n’était pas ma famille biologique, et j’en suis tombé amoureux. On écoutait Brel, Solaar et Brassens, on parlait de littérature, d’art et de physique et je n’avais jamais été aussi heureux.

Biodégradable, c’est surtout une histoire d’amour.

 

Pour finir, L’Indé Panda, c’est quoi pour toi ?

L’Indé Panda, c’est les héros des temps modernes. Un groupe de personnes qui a décidé de travailler ensemble pour monter un projet en dehors de toute considération d’argent ou de pouvoir.

L’indé Panda c’est des auteurs qui travaillent sur un magazine dans lequel ils ont l’honnêteté de mettre leur nouvelles en concurrence avec d’autres, quitte à ce qu’elles soient refusées.

L’indé Panda, c’est peut-être l’avenir d’une littérature récupérée par les écrivains.

 

Question bonus posée par notre lecteur, Bouffanges sur notre page Facebook : 
« Dans quelle mesure La Métamorphose de Kafka t’a-t-elle inspiré ?« 

On m’a parlé de la Belle et la Bête aussi. J’ai lu la Métamorphose il y a longtemps, et effectivement ça avait été un choc. Je ne sais pas si ça m’a spécialement inspiré, mais je pense que le genre de souffrance qu’il décrit est suffisamment universelle pour inspirer encore deux ou trois générations d’écrivains. Spécialement ceux qui pour une raison ou une autre se sentent laids.

 

Vous pouvez retrouver Balthazar sur sa page auteur Amazon.

« Crocodile » est disponible dans L’Indé Panda, Magazine n°1.

Découvrez « Biodégradable » sur Amazon.

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