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Interview Marie Havard

Au tour de Marie Havard de répondre à nos questions.
Merci à elle.

Tu as été sélectionnée pour ce premier numéro avec ta nouvelle « La Femme sans visage », peux-tu expliquer sa genèse ?

L’idée m’est venue en repensant à cette fois où, après avoir pleuré, mon visage en était devenu douloureux au point qu’en essuyant mes larmes j’avais l’impression d’abimer mon visage. J’ai pensé qu’il serait intéressant d’écrire sur les larmes, et tout l’univers qui y est rattaché, les larmes de joie, de tristesse, de crocodile, sur le visage et l’identité, sans que cela soit triste, au contraire… Je voulais que ce soit un diptyque, lier l’histoire de ces deux femmes, celle qui pleure sans raison et celle qui ne pleure pas alors qu’elle aurait ses raisons.

 

Plus à l’aise dans un registre particulier ? De quoi aimes-tu parler dans tes histoires ?

J’aime écrire sur le quotidien de gens d’horizons divers, et surprendre le lecteur par l’arrivée d’un élément fantastique qui transforme le récit simple en histoire insolite. Je veux que le lecteur puisse s’évader de son propre quotidien, en prenant la place d’autres personnes, venant de plusieurs pays (Le Japon, La Colombie pour Les Voyageurs Parfaits, l’Ecosse pour les Larmes du Lac…) tout en abordant des sujets sérieux (la perte d’un enfant, la recherche d’un but à la vie, la condition de femmes…). Pour que le lecteur puisse plonger dans le récit et apprendre des choses, j’aime chercher des ressources historiques.

 

Quand et comment as-tu commencé à écrire ? Te rappelles-tu ta première histoire ?

J’ai commencé à écrire des rédactions à l’école primaire, et j’ai tellement aimé ça que j’ai continué à la maison, pendant les vacances. Je me souviens que mes parents étaient contents de me voir occupée à écrire, une activité calme ! Et puis nous avions un ami de la famille qui était écrivain et poète, qui m’a donné envie de faire comme lui. J’ai écrit ma première histoire lorsque j’avais 11 ans : Les aventures de Jennifer, un texte en 5 courts chapitres, sur la vie périlleuse d’une orpheline australienne de 12 ans.

 

Quel est ton rythme d’écriture ?

J’écris quand j’ai le temps et quand j’en ressens le besoin. Il est difficile de trouver un créneau régulier dans nos vies occupées, après un travail à temps plein et de multiples activités… Je garde le maximum d’idées en tête, et quand j’ai peur de les oublier, je prends le temps de les écrire. Je peux commencer un texte et ne plus y toucher pendant un mois, mais il vit toujours dans ma tête et j’arrive à reprendre le fil.

 

Comment construis-tu ton travail ?

Je pense à des bribes de récit et les note dès que je peux, puis j’entreprends l’écriture à un moment où je suis disponible. J’ai une idée globale de l’ambiance que je veux donner, et je peaufine tout cela en développant de nouvelles idées qui me viennent lors de l’écriture. Je n’ai jamais une idée très précise de la fin que je vais donner, même si je sais où je veux amener le lecteur, et c’est le plus difficile pour moi à écrire.

 

Plutôt nouvelle ou roman ?

J’ai écrit deux romans, mais j’ai d’abord commencé par des poésies et des nouvelles. Aujourd’hui je me remets aux textes plus courts, pour en faire un recueil, mais j’ai une préférence pour les romans, qui permettent une plus grande profondeur et une proximité avec les personnages.

 

Pourquoi être indépendante ?

C’est la seule façon de pouvoir assouvir sa passion en étant autonome et libre. J’écris avant tout parce que j’aime ça, et ça me paraitrait contraignant de demander l’aval d’une maison d’édition pour pouvoir publier mes textes. Je ne cherche pas la célébrité.

 

Qu’est-ce qui te plaît le plus dans ce statut ?

La liberté, le côté « c’est moi qui l’ai fait ! ». J’aime faire des tas de choses moi-même, bricolage, cuisine, etc… et je ne vois pas pourquoi ce serait différent pour l’écriture. Ce que j’apprécie beaucoup, c’est peaufiner ma couverture, le graphisme. Et puis, c’est tellement gratifiant de voir son œuvre achevée et publiée.

 

A l’inverse, qu’est-ce qui est le plus dur pour toi ?

Le côté administratif et législatif. J’ai le statut auto-entrepreneur car je veux être dans la légalité, mais c’est difficile pour moi de comprendre toutes ces paperasses.

 

Quel type de lectrice es-tu ?

Je lis tout le temps, dans le train, le soir avant de me coucher… J’aime beaucoup lire en anglais, et des livres d’auteurs que j’ai rencontrés. J’aime les livres qui me font ressentir une émotion, qui m’apprennent des choses, qui sont assez insolites.

 

Dans ce numéro 1 de L’Indé Panda, tu nous présentes ton roman « Les Larmes du Lac», peux-tu me raconter un peu ce qui t’a inspirée ?

J’ai vécu à St Andrews en Ecosse pendant un an pendant mes études, et j’ai beaucoup aimé cette ville. J’ai été surprise par sa richesse historique. Un peu de cette ville + un peu de mon histoire personnelle + un peu de fantastique, avec la maison hantée, et d’enquête historique, et le roman était né !

 

Pour finir, L’Indé Panda, c’est quoi pour toi ?

 Une formidable aventure et la volonté d’exister malgré la difficulté que représente l’indépendance. Une chance donnée aux auteurs et un engagement solidaire de la part de toute l’équipe de l’Indé Panda. Une belle leçon de vie !

 

Question bonus posée par notre lectrice, Elodie sur notre page Facebook : « Est-ce que l’écriture de cette nouvelle t’as donné envie de découvrir l’Inde ? »

Pour l’instant ce sont plutôt les images colorées et exotiques que j’avais de l’Inde qui m’ont inspirée pour la nouvelle, et je n’avais pas pensé à visiter ce pays. Lorsque j’ai choisi l’Inde pour ma nouvelle, c’est aussi pour évoquer le sujet de la place de la femme dans cette société. Je pense que l’Inde promet de belles découvertes et je n’écarte pas l’idée d’y aller un jour, bien que ce ne soit pas au programme pour le moment… Il y a tellement de destinations à découvrir !

 

Vous pouvez retrouver Marie sur son blog.

« La Femme sans visage » est disponible dans L’Indé Panda, Magazine n°1.

Découvrez « Les Larmes du Lac » sur Amazon.

Les Larmes du Lac

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